J’ai été tellement bouleversée par ce roman que j’ai été submergée par les larmes lors des dernières pages… ça fait longtemps que ça ne m’était pas arrivée…
Difficile de croire que ce roman écrit par une autrice suédoise de 38 ans est un premier roman tant il fait preuve de maturité, de profondeur et de justesse. Le narrateur, Bo, a 89 ans. Il vit seul avec son chien Sixten et s’adresse à sa femme, Fredrika, placée en maison de retraite depuis son Alzheimer. Des aides à domicile se succèdent pour s’occuper de lui. Les chapitres à la première personne alternent avec les courts compte-rendus des aides ou du fils, Hans, sur le carnet de liaison, conférant beaucoup de réalisme et d’authenticité à l’histoire (Apparemment l’autrice s’est inspirée des notes laissées par les aides à domicile qui s’occupaient de son grand-père, ce qui n’est est que plus touchant). La chronologie est fluctuante car Bo glisse facilement dans ses souvenirs évoquant tour à tour son enfance auprès d’un père très dur, l’amour profond qu’il a vécu avec Fredrika et les relations complexes avec son fils Hans. Les grues du titre apparaissent justement dans les souvenirs heureux de pêche vécus avec Hans petit garçon… mais la communication est difficile entre les deux hommes d’autant plus que Hans, voyant que son père se déplace de plus en plus difficilement, pense que la meilleure solution est que Sixten rejoigne une autre famille.
Je me suis profondément attaché à ce vieil homme avec tous ses défauts mais dont on perçoit tellement la détresse face à une situation qui lui échappe. Rien n’est édulcoré, tout est tellement juste et humain, écrit avec une sobriété qui renforce l’émotion.
Sin City en parle très bien !













