Les grues volent vers le sud

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J’ai été tellement bouleversée par ce roman que j’ai été submergée par les larmes lors des dernières pages… ça fait longtemps que ça ne m’était pas arrivée…

Difficile de croire que ce roman écrit par une autrice suédoise de 38 ans est un premier roman tant il fait preuve de maturité, de profondeur et de justesse. Le narrateur, Bo, a 89 ans. Il vit seul avec son chien Sixten et s’adresse à sa femme, Fredrika, placée en maison de retraite depuis son Alzheimer. Des aides à domicile se succèdent pour s’occuper de lui. Les chapitres à la première personne alternent avec les courts compte-rendus des aides ou du fils, Hans, sur le carnet de liaison, conférant beaucoup de réalisme et d’authenticité à l’histoire (Apparemment l’autrice s’est inspirée des notes laissées par les aides à domicile qui s’occupaient de son grand-père, ce qui n’est est que plus touchant). La chronologie est fluctuante car Bo glisse facilement dans ses souvenirs évoquant tour à tour son enfance auprès d’un père très dur, l’amour profond qu’il a vécu avec Fredrika et les relations complexes avec son fils Hans. Les grues du titre apparaissent justement dans les souvenirs heureux de pêche vécus avec Hans petit garçon… mais la communication est difficile entre les deux hommes d’autant plus que Hans, voyant que son père se déplace de plus en plus difficilement, pense que la meilleure solution est que Sixten rejoigne une autre famille.

Je me suis profondément attaché à ce vieil homme avec tous ses défauts mais dont on perçoit tellement la détresse face à une situation qui lui échappe. Rien n’est édulcoré, tout est tellement juste et humain, écrit avec une sobriété qui renforce l’émotion.

Sin City en parle très bien !

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La lumière vacillante

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C’est encore mon amie Christine qui m’a donné envie ! J’avais lu La huitième vie il y a quelques années, de cette autrice écrivant en allemand mais d’origine géorgienne.

Ce roman fleuve, lyrique et puissant, combine l’histoire de quatre amies et celle de ce pays, la Géorgie, qui a connu autour de ce tournant de siècle des heures très troubles.

La narratrice, Keto, arrive à Bruxelles pour la grande rétrospective de photographies de son amie décédée, Dina. A cette occasion elle retrouve Ira et Nene, les deux autres du quatuor devenu trio, pour la première fois depuis des années. On comprend dès le départ que des tragédies ont eu lieu, des trahisons, des morts, qui ont éloigné les quatre amies.

Chaque photo est l’occasion pour Keto de rappeler tel ou tel souvenir du passé, à Tbilissi, la rencontre avec Dina, personnage haut en couleurs, libre, intense et imprévisible, le début de l’amitié mais aussi les tensions liées  aux mouvements nationalistes d’indépendance du pays.

On vit au plus près de ces personnages extrêmement attachants, dans une forme de fièvre souvent sombre et des émotions puissantes.

Avec ses 800 pages en format poche, c’est ma 2e participation aux Epais de l’été et aux Pavés de l’été !

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Poke Bowl

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Encore une délicieuse recette parfaite pour les périodes caniculaires (je l’ai faite le jour où il a fait le plus chaud…) Je me suis inspirée de cette recette.

Ingrédients (pour 2):

  • 350 g de saumon très frais sans la peau coupé en dés
  • 30 ml (2 c. à soupe) de sauce soya
  • 10 ml (2 c. à thé) d’huile de sésame grillé
  • 10 ml (2 c. à thé) de vinaigre de riz
  • 10 ml (2 c. à thé) de graines de sésame noir
  • des légumes verts vapeur (j’ai pris un mélange de légumes surgelés pois/petits pois/brocolis)
  • 2 œufs durs
  • un reste de riz (mais on peut aussi préparer du riz exprès)
  • des mini-concombres
  • une tomate
  • sauce : 2cs généreuses de mayonnaise, un peu de sriracha et un peu d’eau

Préparation :

Laisser le saumon mariner (5 premiers ingrédients) au frais. Pendant ce temps couper les œufs, les concombres, les tomates, une carotte si on a, un avocat si on a (note pour moi :))

Dresser les bols : au fond le riz et tout le reste par dessus, et servir avec la sauce.

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Promesse

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C’est mon amie Christine, grande lectrice, qui m’a parlé de ce roman avec enthousiasme et effectivement… quel beau roman, à la fois fort, doux et poignant.

L’autrice est la femme de Salman Rushdie et c’est apparemment son premier roman : il se déroule dans les années 1950 à Salt Point dans le Maine autour de deux familles noires, les Junkett et les Kindred, qui cherchent à vivre sans histoires, fuyant la ségrégation trop présente dans le Sud, malgré l’hostilité sourde des Blancs autour d’eux. La narratrice, c’est Cinthy Kindred, 13 ans, qui grandit portée par l’amour intense de ses parents et de sa sœur Ezra. Leur père est professeur dans l’école où elles sont elles-mêmes élèves et M. Junkett est le gardien du lycée. L’autre personnage dont on épouse le point de vue c’est Ruby, l’amie Blanche d’Ezra, pauvre et maltraitée par ses parents, et cette amitié va voler en éclats suite au suicide de leur institutrice car tout va dégénérer à l’arrivée d’une nouvelle enseignante. Cinthy et Ezra vont devoir grandir plus vite que prévu.

Cela pourrait être une histoire de plus mais l’écriture de l’autrice est puissante et lyrique, et on sent presque physiquement l’amour qui rayonne de ces deux familles, un amour profond, ancestral qui porte les deux sœurs malgré toutes les tragédies qu’elles devront traverser. C’est très beau !

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Salade de crevettes grillées

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Recette parfaite pour l’été et trouvé ICI. D’autres bonnes idées chez Isa !

Ingrédients (pour 2)

  • 30ml de sauce soja
  • 1cs de sucre
  • 1cs d’huile de sésame
  • un peu de gingembre frais râpé
  • jus de 1/2 citron
  • un peu de sriracha
  • 500 g de crevettes entières
  • 1 oignon rouge, émincé (je ne l’ai pas mis je n’avais plus d’oignon)
  • 200 g de vermicelles de riz
  • 1 tasse environ de salade émincée
  • 1 concombre coupé en demi-rondelles
  • des feuilles de menthe

Préparation :

Mélanger les 6 premiers ingrédients, décortiquer les crevettes et bien les enrober dans cette vinaigrette. Réserver le reste de vinaigrette dans un bol.

Griller les crevettes et l’oignon dans le wok 5 minutes ou jusqu’à ce que les crevettes soient cuites en remuant à quelques reprises. Réserver sur une assiette.

Dans une grande casserole d’eau bouillante, cuire les vermicelles 3 minutes ou jusqu’à ce qu’ils soient tendres. Égoutter et rincer rapidement sous l’eau froide.

Tout mélanger ensuite dans un saladier. C’est frais et absolument délicieux !

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Moi qui n’ai pas connu les hommes

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C’est le billet de Sin City qui m’a intriguée et franchement je ne regrette pas cette lecture très singulière, pas forcément évidente car de nombreuses questions restent en suspens et les personnages ne sont pas « attachants ». J’ai beaucoup pensé au livre qui était cette année au programme des prépa et que j’ai beaucoup travaillé, Le mur invisible.

Dans ce roman de J. Harpman, une psychanalyste belge décédée en 2012, publié en 1995 et qui est redécouvert en ce moment, comme dans Le mur invisible, une catastrophe a eu lieu, et on n’en saura jamais plus. Autre point commun : une femme complètement seule et coupée de toute civilisation, sans prénom, écrit son récit avant une mort certaine. Celle de ce récit, c’est « la petite », qui a grandi dans une cave avec 39 autres femmes surveillées de très près par des gardiens. Elles n’ont aucun droit : ni de se toucher, ni de parler fort, ni de pleurer, ni de courir, sous peine d’un fouet qui claque. « La petite » n’a aucun souvenir du monde d’avant, et seule Théa consent à lui raconter comment c’était. Un jour, sans explication, une sirène retentit et les gardiens disparaissent brusquement laissant la grille ouverte. Commence pour ces 40 femmes le début d’une vie à la surface d’un monde qui semble désert…

En tant que lecteur on épouse le point de vue de la narratrice, qui raconte sans avoir intégré de construction sociale liée au genre, elle est femme mais sans avoir connu les hommes ni aucun des codes de la société. Sa voix est complètement originale et déconcertante ; le roman dégage une atmosphère prenante, angoissante, on se sent, comme ces femmes, seul, sans repères, sans espoir. Pourtant entre ces femmes circule aussi une vraie solidarité et nous fait vraiment réfléchir… Je pense qu’il me hantera un bon moment !

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Boulettes lentille corail / courgette

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Très bonne recette végétarienne, fraîche et goûteuse pour l’été, trouvée par hasard sur FB. L’été est là, on a envie de choses légères… Il y en a sûrement aussi dans la cuisine d’Isa !

Ingrédients :

  • 200 g de lentilles corail
  • 1 courgette
  • 1 oignon
  • 2 gousses d’ail
  • 50 g de chapelure
  • 1 oeuf
  • épices (1cc cumin, 1cc paprika, 1/2cc curcuma), sel, poivre
  • 200 g de yaourt grec
  • 1 poignée de menthe hachée
  • 1cs huile d’olive
  • jus de 1/2 citron

Préparation :

Faire cuire les lentilles une dizaine de minutes, égoutter et laisser refroidir. Râper la courgette et couper très finement ail et oignon. Ajouter les lentilles, la chapelure et les épices et bien mélanger.

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Former des boulettes avec les mains et les faire cuire environ 5 à 7 mn à feu moyen de chaque côté jusqu’à ce qu’elles soient bien dorées. Pendant ce temps préparer la sauce avec les 4 derniers ingrédients.

Miam, c’est délicieux ! (j’ai fait environ 16 galettes)

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Le poids du secret

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Je n’avais jamais rien lu de Aki Shimazaki et j’ai lu d’affilée les 5 courts romans qui peuvent se lire indépendamment mais gagnent vraiment à être lus ensemble, pas forcément dans l’ordre de leur parution d’ailleurs.

L’autrice est née au Japon mais elle s’est installée au Québec, a appris le français et écrit désormais dans cette langue. Dans le poids des secrets, elle raconte une même histoire, vécue de plusieurs points de vue, et certaines scènes parfois se recoupent, les secrets se dévoilent peu à peu… Chaque roman (qui est plutôt une sorte de longue nouvelle) porte le nom d’un végétal ou minéral (Tsubaki, Hamaguri, Tsubame, Wasurenagusa et Hotaru) jouant un rôle dans l’histoire. C’est très émouvant d’approfondir ainsi peu à peu chacune de ces destinées restées plus discrètes dans les autres versions.

Il est question de ces secrets qu’on ne peut pas dire, ceux qui bouleversent des vies, on apprend aussi beaucoup sur l’histoire du Japon, ses liens complexes et terribles avec la Corée, la tragédie de Nagasaki. J’ai retrouvé vraiment l’ambiance du Japon, ses rituels, ses traditions et aussi ses rigidités en particulier dans les relations de couple.

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Fauves

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J’avais beaucoup aimé Tout le bleu du ciel, et ensuite j’avais lu un autre livre d’elle (je ne me souviens plus du titre) qui m’avait déçue… Comme j’avais lu quelque part (où ?) une bonne critique de Fauves, j’ai redonné sa chance à Mélissa Da Costa et franchement j’ai beaucoup aimé.

Tony a 17 ans et s’enfuit après avoir frappé son père, un père violent et misogyne qui a élevé son gamin à coups de poing et de phrases terribles. Il tombe sur un cirque itinérant et sur une impulsion demande à être embauché. On sent que l’autrice s’est énormément documentée car tout sonne juste dans ce roman qui se déroule durant une année environ dans ce cirque familial, Pulko. Tony découvre ce monde fascinant, la vie dans les caravanes, la rudesse de cette vie, la solidarité aussi, mais ce qui le fascine le plus ce sont les cinq fauves domptés par le « Padre », Chavo et il fera tout pour les approcher.

Je trouve que l’autrice a bien saisi la complexité de ce personnage qui voudrait s’émanciper de toute cette violence qui l’a accompagné durant toute sa vie, mais est-ce possible ? Et puis tous les autres personnages sont très bien décrits en particulier Sabrina, la femme de Chavo, à la fois captive et soumise (comme toutes les autres femmes du clan) mais aussi sensuelle et rebelle. C’est un roman puissant qui s’adresse à tous nos sens, sombre et mordoré comme les yeux des fauves.

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Nous qui avons connu Solange

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C’est sur le blog d’une d’entre vous (qui ?), enthousiaste, que j’ai piqué cette idée lecture et j’ai vraiment beaucoup aimé ce roman qui parcourt le siècle précédent à travers plusieurs générations de femme. Célestine a 107 ans et avant de mourir elle écrit à « ma biquette » qu’on devine être sa petite-fille ou arrière-petite-fille. Elle raconte sa jeunesse en Corrèze durant la première guerre mondiale, une vie rude en particulier pour les femmes : elle qui n’aime rien tant que la lecture, doit renoncer à l’école pour travailler à la ferme, faire face à un beau-père alcoolique et violent et éduquer, à 13 ans, la petite Solange que sa mère a mise au monde et qui en est morte. En parallèle de ce récit, les lettres d’une poésie incohérente que Solange, après la seconde guerre, envoie à Jeanne (son amoureuse ?) depuis une école pour jeunes filles jugées déviantes. Que s’est-il passé pour que Célestine commence son récit par « Ce jour où je suis devenue une meurtrière, j’ai cessé d’aimer les mirabelles » et pour que Solange lui voue une haine terrible ?

Marguerite, Célestine, Solange, Jeanne, Manon… le récit avance de manière magistrale entre ces femmes, dressant ainsi un portrait de l’évolution des femmes durant un siècle à travers ces personnages très attachants et vivants.

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