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CHU (station de radio)

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CHU
Présentation
Pays Drapeau du Canada Canada
Siège social Ottawa (Ontario)
Propriétaire Conseil national de recherches Canada (CNRC)
Langue Anglais, français
Statut Active (Fermeture planifiée pour le 22 juin 2026)
Site web Site officiel du CNRC (CHU)
Historique
Création 1923
Disparition 22 juin 2026
Diffusion hertzienne
AM Fréquences (Ondes Courtes) :
3,33 MHz, 7,85 MHz, 14,67 MHz

Puissance :
3 kW (3,33 / 14,67 MHz)
5 kW (7,85 MHz)
Diffusion câble et Internet
Streaming Horloge Web officielle du CNRC

CHU est l'indicatif d'appel d'une station de radio à ondes courtes transmettant le signal horaire officiel du Canada. Elle est exploitée par l'Institut des normes de mesure nationale du Conseil national de recherches Canada (CNRC)[1]. Le signal de CHU est utilisé pour la diffusion continue des signaux horaires officiels du gouvernement canadien, dérivés d'horloges atomiques.

Le CNRC a annoncé officiellement que la station cesserait définitivement d'émettre le 22 juin 2026, mettant fin à plus d'un siècle de service sur les ondes courtes[2].

Les signaux horaires radio ont permis une distribution précise et rapide du temps bien au-delà de la portée du télégraphe ou des signaux visuels. Cela s'est avéré particulièrement précieux pour l'arpentage des régions éloignées, où les signaux horaires permettaient de déterminer avec précision la longitude. Au cours de l'été 1914, une équipe d'arpentage au barrage des Quinze, dans le bassin versant de la rivière des Outaouais, a tenté de recevoir les signaux horaires transmis depuis Kingston ; cependant, les signaux étaient impossibles à capter et le signal horaire de la station NAA située à Arlington, en Virginie, a été utilisé à la place[3].

La station a été mise en service en 1923 par l'Observatoire fédéral à Ottawa (Ontario), sur une base expérimentale avec l'indicatif 9CC jusqu'en 1928. Les transmissions diurnes régulières ont commencé sous l'indicatif VE9OB en janvier 1929 sur une longueur d'onde d'environ 40,8 mètres (7,353 MHz)[1]. Une transmission continue sur 90 mètres a débuté à la fin de 1929, tandis que d'autres longueurs d'onde étaient utilisées à titre expérimental[3]. Les signaux horaires étaient générés par les propres horloges à pendule de l'observatoire. Les oscillateurs des émetteurs étant réglés par condensateur, la stabilité de la fréquence n'était pas très élevée jusqu'à l'implémentation d'un contrôle par cristal de quartz en 1933[3].

En 1938, l'indicatif est devenu CHU, opérant sur les fréquences de 3,33, 7,335 et 14,67 MHz, avec une puissance d'émission de seulement 10 W. La tonalité de 1 000 Hz superposée à la porteuse provenait de l'oscillateur à quartz qui déterminait la fréquence d'émission, mais les impulsions des secondes provenaient toujours des horloges à pendule de l'observatoire. La station transmettait automatiquement son indicatif en code Morse une fois par heure, et les impulsions étaient codées pour identifier l'heure de la journée. La puissance de CHU n'étant pas assez élevée pour couvrir l'ensemble du Canada (notamment les équipes d'arpentage working dans le Nord), les signaux horaires de l'observatoire étaient également relayés par une station du ministère des Transports dotée d'une puissance de 2 kW. En 1947, trois nouveaux émetteurs d'une puissance de 300 W ont été installés pour les trois fréquences, relocalisés sur le site rural actuel de la station[1]. En 1951, un émetteur Collins d'une puissance nominale de 3 kW a été mis en service sur 7,335 MHz[3].

L'objectif de la station était de fournir des informations chronométriques précises, en particulier aux zones rurales et éloignées qui n'avaient pas d'accès local à l'heure exacte. La station a également été pionnière dans l'utilisation des communications par micro-ondes et par satellite pour acheminer son signal vers les régions isolées[1].

À l'origine, le signal adolescent consistait en une fréquence constante interrompue par des séquences d'impulsions en Code Morse pour indiquer l'heure. Dans les années 1930, l'identification de la station en code Morse a été ajoutée à la transmission[1]. Le déchiffrage d'un code horaire simple « à l'oreille » étant parfois difficile sur le terrain, des annonces vocales de l'heure et de l'identification de la station ont été ajoutées à CHU en 1952, à l'aide d'une horloge parlante fabriquée par les Ateliers Brillié Frères en France. Fredrick Martin Meach, de l'ambassade du Canada à Paris, a enregistré les annonces horaires en anglais, qui étaient stockées sur des bandes de film photographique et lues sous le contrôle des horloges de l'observatoire. En 1960, cette horloge parlante a été remplacée par un appareil fabriqué par la société Audichron ; cet appareil offrait une qualité vocale plus intelligible et nécessitait moins d'entretien. De nouvelles annonces vocales en anglais ont été enregistrées par Harry Mannis de la Société Radio-Canada (CBC). Les annonces bilingues ont commencé en 1964, la voix française étant assurée par Miville Couture de Radio-Canada Montréal[3]. La station est passée à l'audio numérique dans les années 1990[1].

Jusqu'en 1959, la fréquence de la porteuse, la fréquence de la tonalité et les impulsions des secondes provenaient de sources indépendantes, et la stabilité de la porteuse était similaire à celle de n'importe quel émetteur commercial d'ondes courtes. Une chaîne de diviseurs a ensuite été mise en service afin que tous les signaux de CHU proviennent d'oscillateurs à quartz standards Western Electric, les impulsions des secondes étant surveillées par comparaison continue avec les horloges de l'observatoire[3]. En 1978, toutes les composantes du signal transmis par CHU provenaient d'un étalon de fréquence à jet de césium (horloge atomique) conçu par le CNRC[3].

Toujours en 1959, l'émetteur de 14,67 MHz a été remplacé par une nouvelle unité de 20 kW[3]. Toutes les antennes du site ont été remplacées par des antennes verticales avant 1971[3]. La station a continué d'être exploitée par l'Observatoire jusqu'en 1970, date à laquelle son exploitation a été transférée à l'Institut des normes de mesure nationale du Conseil national de recherches Canada[3].

À compter du 1er janvier 2009, la fréquence de 7,335 MHz a été modifiée pour 7,85 MHz. Ce changement était devenu nécessaire en raison d'une réattribution mondiale des hautes fréquences par l'ITU lors de la Conférence mondiale des radiocommunications de 2003 (WRC-03), où la plage des 7,3 MHz a été réallouée à la radiodiffusion internationale. La puissance de sortie a été réduite plus tard de 10 kW à 5 kW à la suite de plaintes de la Nouvelle-Zélande, où le signal causait des interférences sur sa nouvelle fréquence[1].

Les dernières secondes de la transmission de CHU Canada sur 7,850 MHz.

Le CNRC fermera définitivement le site de transmission de CHU Canada pour toutes ses fréquences le 22 juin 2026[2].

Système de transmission

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La station est automatisée (sans personnel sur place), équipée d'émetteurs de 10 kW datant des années 1960 modifiés, et est contrôlée à distance depuis le siège du Conseil national de recherches sur le chemin de Montréal à Ottawa[1].

CHU transmet des signaux de 3 kW sur 3,33 et 14,67 MHz, et un signal de 5 kW sur 7,85 MHz. Ces fréquences de signaux horaires non standards ont été choisies pour éviter les interférences avec les stations américaines WWV et WWVH. Le signal est en modulation d'amplitude avec bande latérale inférieure supprimée (type d'émission H3E). Les mêmes informations sont diffusées simultanément sur les trois fréquences, incluant des annonces toutes les minutes, alternant entre l'anglais et le français. L'émetteur de CHU est situé près de Barrhaven, à 15 km au sud-ouest du centre-ville d'Ottawa.

En plus des annonces vocales et des tonalités de secondes, CHU transmet un code temporel numérique unique à la 29e et à la 59e seconde de chaque minute. Ce signal, d'une durée de 312,5 millisecondes, utilise le protocole Bell-103 à modulation par déplacement de fréquence (FSK) à 300 bauds, alternant entre les tonalités de 2 125 Hz (mark) et 2 225 Hz (space). Ce paquet de données numériques permet à des ordinateurs ou des récepteurs automatisés de décoder l'année, le jour, l'heure et la minute exacts pour synchroniser des horloges sans connexion Internet.

Les systèmes alimentant les émetteurs sont doublés pour des raisons de fiabilité et disposent d'une protection par batteries et par génératrice. Les annonces sont réalisées à l'aide de voix enregistrées numériquement. Des antennes dipôles verticales distinctes sont utilisées pour chaque fréquence. CHU est agréée depuis longtemps en tant que « service fixe » dans le cadre des attributions de bandes de l'Union internationale des télécommunications[1].

La station dispose de trois horloges atomiques sur site, installées dans une enceinte blindée spéciale pour éliminer les interférences électromagnétiques et comparées en permanence avec les horloges atomiques du siège du CNRC[1].

CHU envoie des cartes QSL pour accuser réception des rapports d'écoute des radioécouteurs (SWL)[1].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 James Careless, « CHU, Canada's Time Station », sur Radio World, (consulté le )
  2. 1 2 Diffusions de la station de radio sur ondes courtes du CNRC (CHU) - Conseil national de recherches Canada.
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Malcolm M. Thomson, The Beginning of the Long Dash: A History of Timekeeping in Canada, University of Toronto Press, 1978, (ISBN 0-8020-5383-1), Chapitre 6