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Cris

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Cris
Description de cette image, également commentée ci-après
Mandy Gull-Masty, grande cheffe du Grand Conseil des Cris du Québec (Eeyou Istchee) entre 2021 et 2025.
Populations importantes par région
Drapeau du Canada Canada
Drapeau de l'Alberta Alberta

95 300 (2016)
Drapeau de la Saskatchewan Saskatchewan 89 990 (2016)
Drapeau du Manitoba Manitoba 66 895 (2016)
Drapeau de l'Ontario Ontario 36 750 (2016)
Drapeau de la Colombie-Britannique Colombie-Britannique 35 885 (2016)
Drapeau du Québec Québec 27 245 (2016)
Population totale 356 655 (2016)
Autres
Langues Cri, anglais, français

Les Cris (en cri : Nehiyawak[1]; en anglais : Cree) sont l'un des peuples algonquiens d'Amérique du Nord. Le nom « cri » est un exonyme.

Le nom Cri désigne un ensemble de peuples apparentés, dont certains forment des nations distinctes, comme les Eeyous, aussi dits Cris de l'Est.

Les Cris habitent au Canada et aux États-Unis, entre les montagnes Rocheuses et l'océan Atlantique. Avec plus de 317 000 membres[1] répartis en près de 135 communautés[2], les Cris forment un des plus grands groupes de Premières Nations au Canada. En 2011, 95 000 locuteurs de la langue crie ont été dénombrés[1]. Cette langue reste l'une des langues autochtones les plus parlées d'Amérique du Nord.

Connus pour leur ouverture au mariage inter-tribal, les Cris ont engendré une partie du peuple métis, descendants de l'union de Cris et de Français du Canada[3].

Étymologie de l'exonyme

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Le nom « Cris » est l'abréviation de « Knistenaux » (ou « Christenaux ») du nom français d'un ancien village appelé « Kenisteniwuik »[4].

Histoire des Eeyous

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Les premiers contacts entre les Européens et les Eeyous, c'est-à-dire les Cris de la baie James, remontent à 1610 avec l’explorateur Henry Hudson. Alors acteurs centraux du commerce des fourrures avec la Compagnie de la Baie d'Hudson, les Eeyous sont forcés de se sédentariser avec le déclin de la traite au XXe siècle.

Les grands projets hydroélectriques d’Hydro-Québec bouleversent profondément leur territoire et leur mode de vie à partir des années 1970. En réponse à ces transformations, le Grand Conseil des Cris signe la Convention de la Baie-James et du Nord québécois en 1975 puis la Paix des Braves en 2002, des accords qui reconnaissent certains droits, pouvoirs et compensations aux communautés eeyoues.

Géographie

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Les Cris sont répartis dans tout le Canada – et dans une moindre mesure, aux États-Unis –, des montagnes Rocheuses à l'ouest à l'océan Atlantique à l'est. Leur territoire s'étend sur plusieurs provinces canadiennes : la Colombie-Britannique, l'Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba, l'Ontario et le Québec.

Eeyous (Cris de l'Est)

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Les Eeyous, parfois aussi nommés Cris de l'Est, sont réunis au sein du Grand Conseil des Cris et de l'Administration régionale crie. Les Eeyous forment une nation distincte. Ils sont réparti en neuf communautés situées en Eeyou Istchee.

Cris de l'Ontario

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En Ontario, les communautés cries sont les suivantes : Attawapiskat, Bearskin Lake, Chapleau, Constance Lake (Calstock), Deer Lake, Flying Post (Nipigon), Kasaqbonika, Kingfisher Lake, Lansdowne House (Pickle Lake), MacDowell Lake (Red Lake), Matachewan, Missanabie (Garden River), Mocreebec, Moose Factory, Moosonee, New Post (Cochrane), Weagamow Lake (North Caribou), Northwest Angle (Kenora), Sachigo, Wawakapewin (Long Dog) et Weenusk (Peawanuk)[5].

Les bandes indiennes cries de l'Ontario sont les suivantes :

Cris du Manitoba

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Les bandes indiennes cries du Manitoba sont les suivantes :

Cris de la Saskatchewan

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Image
Un Cri, photographié par G. E. Fleming en 1903 à Maple Creek, en Saskatchewan.

Les bandes indiennes cries de la Saskatchewan sont les suivantes :

Cris de l'Alberta

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En Alberta, en 1999, les communautés cries sont les suivantes[6],[7] :

Cris de la Colombie-Britannique

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Les bandes indiennes cries de la Colombie-Britannique sont les suivantes :

Sous-groupes ethniques et apparentés

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Les groupes suivants constituent des sous-groupes de la nation crie, ayant des dialectes ou des langues qui leur sont propres. Certaines autres ethnies ne font pas à proprement parler partie des Cris, mais constituent des groupes apparentés, tels les Attikameks, les Innus et les Naskapis.

La langue crie est très vivante et parlée par 20 000 individus dans Eeyou Istchee. Il s'agit d'une langue d’enseignement pour la Nation crie[8].

Le cri est la langue autochtone la plus parlée au Canada. Elle fait partie de la famille linguistique algonquine, et a beaucoup de dialectes[9].

Image
Écriture en cri (syllabaire cri et alphabet latin) et traduction en anglais.

À l’ère précoloniale, le cri est transmis par voie orale et ne possède aucun système d’écriture. En 1840, le révérend James Evans, un missionnaire installé au Manitoba, conçoit un alphabet syllabique pour le cri, sans doute en collaboration avec des locuteurs natifs autochtones. Dès lors, le cri est enseigné dans les missions coloniales[10].

Aujourd’hui, le cri est encore enseigné dans plusieurs universités canadiennes, L'Université des Premières Nations du Canada est une des universités canadiennes qui enseigne le cri[9].

Parmi les croyances et autres pratiques culturelles des Cris, la notion de rêve était très importante surtout lorsqu’il était question de chasse et de pêche[1]. Ainsi, cette nation pouvait savoir si la chasse allait être bonne ou mauvaise et ainsi agir en conséquence, en interprétant les rêves ou différents signes par le Chaman. Chez les Cris, ce phénomène se nommait le phénomène de la tente tremblante. La pratique de la tente tremblante consistait à intervenir avec les esprits pour obtenir plusieurs informations. Par la suite, lorsque le chaman entrait en contact avec les esprits, cela faisait remuer la tente et, plus la concentration de puissance était élevée, plus la tente remuait[11].

Influence coloniale

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Depuis l'ère coloniale, le christianisme, propagé par les colons, les missionnaires et les politiques gouvernementales, a profondément modifié la vie des autochtones[12].

Pour certaines communautés des pratiques religieuses hybrides sont alors apparues, tandis que dans d’autres, la religion européenne a complètement remplacé les pratiques spirituelles traditionnelles[12].

Les rites spirituels traditionnels ont été perpétués ou réintroduits par de nombreuses communautés autochtones contemporaines[12].

Image
Danse des Indiens Cris - Les sacs de médecine (1884).

Le chaman, dans la nation crie, était la personne qui était chargée de communiquer avec le monde des esprits. Celui-ci communiquait avec les esprits pour plusieurs raisons comme s’assurer que la chasse et la pêche soient bonnes, que la récolte soit bonne, pour amener la pluie dans les temps de sècheresse, assurer la protection de sa tribu et aussi pour guérir les maladies. Chez les Cris, on considère que plus le chaman devenait vieux, plus son pouvoir grandissait. C’est lui qui avait le plus grand pouvoir dans son groupe pour intervenir avec les esprits. Chaque groupe avait son propre chaman, si le groupe n’en avait pas, il le remplaçait par un être ayant des connaissances religieuses particulières. Par contre, il ne faut tout de même pas confondre le chaman avec ceux qui « chamanisaient ». Le monde des esprits était un monde avec lequel les Cris entraient souvent en communication. Il ne fallait pas absolument être un chaman pour entrer en communication avec les esprits, la grande différence entre ceux qui chamanisaient et le chaman est entre autres que le chaman était un expert en la matière, qu’il avait une grande connaissance dans le chamanisme et aussi une très grande connaissance religieuse[11].

Gouvernance

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Chef de groupe

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La nation crie était subdivisée en sous-groupes dont chacun désignait un chef de groupe. Celui-ci était chargé d’établir le territoire de chasse et de diriger ses troupes. Le chef du groupe était désigné comme étant le plus habile de son groupe. C’était donc lui qui était le meilleur chasseur, le meilleur pêcheur et c’est lui qui s’occupait de diriger les travaux de constructions lors de l’établissement des campements. Les femmes avaient beaucoup de tâches comme préparer le souper et couper l'animal qui venait juste d'être chassé, et elles partageaient plusieurs responsabilités avec les hommes[11].

Organisations politiques

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Industrie forestière

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Au cours des années 1990, les Cris ont entamé une procédure judiciaire envers le gouvernement du Québec et les entreprises privées travaillant sur le territoire de la Baie-James pour cause d’entrave à la Convention de la Baie-James. Plusieurs négociations ont eu lieu entre le gouvernement, les entreprises et les Cris. Le régime forestier a été adapté pour que les activités de piégeage, de chasse et de pêche des Cris ne soient pas affectées par les travaux forestiers effectués sur leurs territoires[13].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 « Cri » dans L'Encyclopédie canadienne, Historica Canada, 1985–. (consulté le )..
  2. (en) « Indian Cree », Indians.org (consulté le ).
  3. (en) « The Métis: A New Canadian Nation » (consulté le ).
  4. (en) Edward S. Curtis, The North American Indian, vol. 18 : The Chipewyan. The Western Woods Cree. The Sarsi, (archive.org, northwestern.edu)
  5. (en) « First Nation Communities in Ontario » (consulté le ).
  6. (en) Local Government Services Division Municipal Services Branch, 2000 Official Population List (lire en ligne).
  7. (en) « First Nations in Alberta », sur aadnc-aandc.gc.ca (consulté le ).
  8. « Langue / The Grand Council of the Crees (Eeyou Istchee) », sur The Grand Council of the Crees (Eeyou Istchee) (consulté le ).
  9. 1 2 « Apprendre le cri », sur newjourneys.ca (consulté le ).
  10. « Langue crie » dans L'Encyclopédie canadienne, Historica Canada, 1985–. (consulté le )..
  11. 1 2 3 Martin Hébert, Recherche amérindiennes, vol. 39, no 1-2, 2009, pp. 85-97.
  12. 1 2 3 « Religion et spiritualité des Autochtones au Canada » dans L'Encyclopédie canadienne, Historica Canada, 1985–. (consulté le )..
  13. (en) The Institute On Governance, Exploring The Relationship Between Aboriginal Peoples And The Canadian Forest Industry: Some Industry Perspectives, (lire en ligne).

Bibliographie

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  • (en) Dominique Bussières, Pierre Ayotte, Patrick Levallois, Éric Dewailly, Evert Nieboer, Suzanne Gingras et Suzanne Côté, « Exposure of a Cree Population Living near Mine Tailings in Northern Quebec (Canada) to Metals and Metalloids », Archives of Environmental Health: An International Journal, vol. 59, no 12, 2004, pp. 732-741 [présentation en ligne].

Articles connexes

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Liens externes

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