Aller au contenu

Gaie France

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Gaie France
Alexandre
Gaie France Magazine
Image illustrative de l’article Gaie France

Pays France
Langue Français
Périodicité mensuel
Genre homosexuel
Date de fondation
Date du dernier numéro

Gaie France, ou Gaie France Magazine, est un magazine mensuel français homosexuel fondé en 1986 par Michel Caignet et disparu en 1993.

Vendu en kiosques, Gaie France se veut une revue homosexuelle à ambitions culturelles et politiques proche de la Nouvelle Droite. Son directeur de publication, Michel Caignet, ancien membre de la FANE[1], estime que « la communauté gaie a un rôle à jouer dans la perspective d’un renouveau culturel, politique et artistique au sein de la civilisation européenne ».

Le magazine est considéré comme l'une des principales expressions de la sensibilité d'extrême droite au sein des médias homosexuels français[2]. Fondé en 1986, le magazine bénéficie du soutien de Michel Meignez de Cacqueray, entrepreneur dans l'exploitation du Minitel rose et responsable du lieu associatif homosexuel « L'escargot ». Ce dernier reste attaché au journal jusqu'à sa disparition, s'occupant notamment de la section des petites annonces[3].

Paul Raisant anime une Association des amis de Gaie France, qui édite un numéro d'un bulletin nommé Sparte, homosexualité et tradition en 1987.

Michel Caignet est invité par Jean Le Bitoux à assister à la cinquième université d'été homosexuelle à Marseille, du 12 au 17 juillet 1987, où Gaie France bénéficie d'un stand. Cependant, des militants s'opposent à la présence d'un magazine d'extrême-droite à cet événement[4]. Des militantes lesbiennes sont ainsi à l'origine d'une pétition réclamant l'exclusion du journal au nom de la lutte contre le fascisme. Les trente-deux signataires, dont Jean le Bitoux, Geneviève Pastre et Claudie Lesselier, fondent le 13 juillet 1987 le Comité homosexuel et lesbien anti-fasciste (CHLAF). Une brochure dactylographiée est produite visant à dénoncer la ligne politique de Gaie France, proche de la Nouvelle Droite et du GRECE, et à rappeler le passé néo-nazi de Caignet[5].

Gaie France Magazine est interdit à la vente aux mineurs, par arrêté ministériel du [6], pour « incitation à la pédophilie ». Gaie France cesse sa parution en 1993.

Le Gay Pavois continue ce courant jusqu'à sa disparition en 1994, puis est remplacé par Complices en 1995. Le magazine change ainsi de nom mais ce sont les mêmes acteurs et les mêmes objectifs qui guident la publication[1].

En 1995, le créateur de Gaie France est mis en cause par la justice dans une affaire de revente de vidéo-cassettes pédophiles provenant de Colombie. Une quarantaine d'acheteurs, sur plusieurs milliers, sont arrêtés[1].

En 1997, le réseau Voltaire publie un article intitulé Les relais du néo-fascisme et du néo-nazisme dans la minorité gay, mentionnant plusieurs collaborateurs réguliers ou occasionnels de Gaie France.

Collaborateurs

[modifier | modifier le code]

Parmi les collaborateurs réguliers ou occasionnels de Gaie France, on compte :

Références

[modifier | modifier le code]
  1. 1 2 3 Jacques Leclercq, Dictionnaire de la mouvance droitiste et nationale de 1945 à nos jours, Paris, L'Harmattan, , p. 325-326
  2. Christophe-Cécil Garnier, « Dans l’ombre de Matzneff, l’extrême droite pédophile », sur StreetPress, (consulté le ).
  3. Mickaël Studnicki, Droites nationalistes et homosexualites en France : Des années 1870 aux années 2010, Paris, Sorbonne Université Presses, , 560 p. (ISBN 9791023140064), p. 313
  4. Mickaël Studnicki, Droites nationalistes et homosexualites en France : Des années 1870 aux années 2010, Paris, Sorbonne Université Presses, , 560 p. (ISBN 9791023140064), p. 357
  5. Mickaël Studnicki, Droites nationalistes et homosexualites en France : Des années 1870 aux années 2010, Paris, Sorbonne Université Presses, , 560 p. (ISBN 9791023140064), p. 357-363
  6. « Arrêté du 27 mai 1992 portant interdiction de vente d'une revue aux mineurs », sur legifrance.gouv.fr, (consulté le ).
  7. 1 2 Pierre Verdrager, L'enfant interdit : Comment la pédophilie est devenue scandaleuse, Armand Colin, , 344 p. (ISBN 978-2-200-28710-8, lire en ligne).

Liens externes

[modifier | modifier le code]