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Fuath

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Fuath
Description de cette image, également commentée ci-après
Un « fua » de la rivière s'empare du fils du roi d'Irlande.
Créature
Autres noms fua, vough, vaugh
Groupe Folklore populaire
Sous-groupe Esprit
Caractéristiques Apparence variable : souvent humanoïde, parfois difforme ou amorphe, pieds palmés, femme (type banshee) aux cheveux jaunes, vêtue de vert
Habitat Eaux (mers, rivières, lochs)
Apparenté à Nuckelavee
Origines
Origines folklore des Highlands écossais, Folklore irlandais
Région Sutherland (Écosse)
Statut Esprit ou spectre du folklore écossais et irlandais

Le fuath (gaélique écossais : fuath, littéralement « haine » ; pluriel : fuathan ; prononciation approximative en anglais : vough, vaugh) désigne une catégorie d’esprits malveillants dans le folklore des Highlands écossais et dans le folklore irlandais, généralement associés à des esprits aquatiques.

Dans le Sutherland, un lieu nommé Moulin na Vaugha ou Moulin na Fouadh moulin du fuath ») est réputé hanté par un fuath et son fils, le brollachan, une créature amorphe. Ce moulin se situe le long d’un ruisseau relié au Loch Migdale et appartient au domaine de la famille Dempster (lié au château de Skibo).

Une apparition de fuath dans ce moulin est décrite comme une banshee dépourvue de nez, aux cheveux jaunes, vêtue d’une robe de soie verte[note 1]. Dans un récit de capture, la créature est soumise par l’usage d’objets en acier (notamment une alêne et, plus efficacement, une aiguille à coudre), avant de se transformer en une masse gélatineuse lorsque de la lumière est projetée sur elle. Une autre rencontre, sur une ferme du domaine, décrit un fuath doté de pieds palmés.

Selon certaines traditions, ces êtres s’unissent parfois à des humains (généralement des femmes), et leur descendance développe une crinière et une queue.

Étymologie

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Le terme fuath est interprété comme une désignation générique pour une classe d’esprits habitant la mer, les rivières, les eaux douces ou les lochs marins[1],[2], comprenant plusieurs sous-types[3].

En gaélique écossais, fuath signifie « haine » ou « aversion », dérivé du vieil irlandais fúath haine », « apparence »)[3]. Le mot est également employé avec le sens de « fantôme » ou « spectre »[4].

Une appellation alternative pour ces créatures est arrachd ou fuath-arrachd[3].

Généralisation

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Nature aquatique

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Le folkloriste John Francis Campbell caractérise le fuath du Sutherland comme un esprit aquatique[5],[6]. Toutefois, John Gregorson Campbell souligne que le terme peut désigner plus largement un spectre ou un gobelin, sans nécessairement impliquer une nature ou un habitat aquatique[7],[8].

Description confuse

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John Francis Campbell propose une description généralisée du fuath du Sutherland en combinant différents récits[note 2], démarche critiquée par Gregorson Campbell[note 3].

Il attribue notamment au fuath des caractéristiques telles qu’une crinière et une queue, bien que celles-ci semblent plutôt concerner une descendance humaine supposée issue d’une union avec un fuath, selon une rumeur liée à la famille Munroe[7],[8].

Par ailleurs, bien qu’il soit souvent affirmé que le fuath local porte des vêtements verts, une autre description mentionne une « femme étrange » vêtue d’habits dorés et soyeux, aperçue plongeant dans la rivière Shin par un garde-chasse de la famille de Charlotte Dempster[9].

Un fuath (orthographié ici fua) apparaît dans le conte « Le Fils du roi d'Irlande ». Dans ce récit, la créature émerge d’un plan d’eau et tente de voler l’enclume de Goban Saor, artisan mythique. Le fils du roi lutte contre elle durant trois nuits afin de gagner la faveur de Goban Saor.

Le récit intitulé « Le Brollachan », ainsi que plusieurs variantes, est collecté en 1859 par Charlotte Dempster et transmis à John Francis Campbell. Ces histoires se déroulent dans des lieux du domaine des Dempster, également appelé Skibo[9],[10]. Charlotte Dempster est par ailleurs apparentée à cette famille.

  • (1) JF Campbell éd. (1860) "Le Brollachan" ( Contes populaires II, Conte #37) ; Charlotte Dempster éd. (1888) "Le Brolachan MacVaugh" (Sutherlandshire, Moulin na Gleannan "Mill of the Glenn")
Le brollachan, fils d’un fuath, possède des yeux et une bouche mais un corps informe[note 4]. Il ne peut prononcer que deux expressions : « moi-même » et « toi-même » (mi-phrein et tu-phrein). Dans une version du récit, il est brûlé par un homme infirme vivant près du moulin, mais se révèle incapable de désigner correctement son agresseur en raison de son vocabulaire limité[11],[2].
Le brollachan gisait au moulin lorsque Murray, l'« Allay na Moulin », le mendiant infirme qui vivait près du moulin, vint attiser le feu avec de la tourbe, lui causant des brûlures. Mais, faute de vocabulaire suffisant, la créature ne put prononcer correctement le nom de son agresseur.
  • (2) JF Campbell éd. (1860) « Moulion na Fouadh » ; Dempster éd. (1888) "Le Vaugh de Moulinna Vuagha" (Sutherland, same mill as above.)
Un homme d’Inveran parie qu’il peut capturer la créature du moulin, décrite comme un kelpie (également appelé vough ou vaugh). Aidé d’un chien au museau noir, il parvient à la maîtriser et à l’attacher à un cheval. Lors de la traversée d’un cours d’eau, la créature s’agite ; l’homme la contraint à l’obéissance en la piquant avec une alêne puis une aiguille à coudre, cette dernière étant jugée plus efficace. Exposée à la lumière, la créature se transforme en une masse gélatineuse informe.
  • (3) JF Campbell éd. (1860), variante sans titre ; Dempster éd. (1888) « La Banshee, ou Vaugh, ou la Femme étrange de l’eau » (Sutherland, same mill as above.) [note 5]
Dans le moulin hanté par le brollachan, une banshee est aperçue : elle possède des cheveux jaunes semblables à du blé mûr et porte une robe de soie verte, mais elle est dépourvue de nez.
  • (4) JF Campbell éd. (1860), variante sans titre ; Dempster éd. (1888) « Le Kelpie à pattes palmées » (Sutherland, Dempster family sheep farm.) [note 6]
Sur une ferme appartenant à la famille Dempster, un berger découvre une banshee sale et blessée et la transporte sur son dos. Il remarque ensuite qu’elle possède des pieds palmés, ce qui le pousse à la rejeter et à abandonner le manteau sur lequel elle reposait.

Selon certains commentateurs, plusieurs créatures sont considérées comme des sous-types de fuath :

Êtres similaires

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Des similitudes ou équivalences ont été relevées entre le fuath et la bean nighe, ainsi qu’avec les uisge d’Irlande du Nord.

Notes et références

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  1. Là où le fuath est appelé « kelpie »
  2. Ces caractéristiques ont déjà été énumérées plus haut, dans le premier paragraphe.
  3. Bien que le récit principal et bon nombre des variantes qu’il rassemble se déroulent dans la même filature, comme expliqué ci-dessous
  4. Marie Calder, alais Widow M. Calder
  5. Misspelt lake name in Campbell: "Nigdall", (recté Migdall), as confirmed in Dempster's redaction.
  6. Bien que cela ne soit pas précisé, la ferme de Creich, située près du moulin, est réputée pour son élevage ovin.
  7. 1 2 Briggs affirme : « Au moins bon nombre des urisks, et sans doute aussi les nuckelavee ».

Références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Fuath » (voir la liste des auteurs).
  1. (en) Donald Mackenzie, Scottish Folk-Lore and Folk Life - Studies in Race, Culture and Tradition, Read Books Ltd, (ISBN 978-1-4474-8270-3, lire en ligne)
  2. 1 2 Katharine Mary Briggs, A Dictionary of Fairies: Hobgoblins, Brownies, Bogies, and Other Supernatural Creatures, (lire en ligne)
  3. 1 2 3 James MacKillop, A Dictionary of Celtic Mythology, (ISBN 978-0-198-60967-4, lire en ligne)
  4. (gd) Norman Macleod et Daniel Dewar, A Dictionary of the Gaelic Language: In Two Parts: I. Gaelic and English. - II. English and Gaelic, M'Phun, (lire en ligne)
  5. (en) Popular Tales of the West Highlands Orally Collected, Edmonston and Douglas, (lire en ligne)
  6. (en) Katharine Mary Briggs, The Fairies in Tradition and Literature, Psychology Press, (ISBN 978-0-415-28601-5, lire en ligne)
  7. 1 2 (en) John Gregorson Campbell, The Gaelic Otherworld: John Gregorson Campbell's Superstitions of the Highlands & Islands of Scotland and Witchcraft & Second Sight in the Highlands & Islands, Birlinn, (ISBN 978-1-84158-733-2, lire en ligne)
  8. 1 2 (en) John Gregorson Campbell, Witchcraft & Second Sight in the Highlands & Islands of Scotland: Tales and Traditions Collected Entirely from Oral Sources, J. MacLehose and sons, (lire en ligne)
  9. 1 2 (en) Folklore Society (Great Britain), The Folk-lore Journal, Folk-lore Society, (lire en ligne)
  10. (en) John Evans, The Gentleman Usher: The Life & Times of George Dempster 1712-1818, Pen and Sword, (ISBN 978-1-4738-1458-5, lire en ligne)
  11. (en) Folklore Society (Great Britain), The Folk-lore Journal, Folk-lore Society, (lire en ligne)

Liens externes

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