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Unblack metal

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Unblack metal
Origines stylistiques Metal chrétien, black metal
Origines culturelles Début des années 1990 ; Australie, Scandinavie
Instruments typiques Chant, guitare, basse, batterie, claviers
Popularité Underground, faible[1]
Voir aussi Christianisme, Jésus de Nazareth, black metal, metal chrétien

L'unblack metal (également appelé Christian black metal ou white metal) est un genre musical et la variante chrétienne du black metal. C'est un genre controversé, car certains fans de black metal pensent que le nihilisme et le sentiment anti-chrétien et plus généralement anti-religieux est la base du black metal. Ce genre est parfois appelé HUBM pour « Holy UnBlack Metal ». Le terme « unblack metal » est dérivé de l'expression « holy unblack metal », elle-même un jeu de mots sur le slogan « unholy black metal » utilisé par Darkthrone sur leurs albums A Blaze in the Northern Sky et Under a Funeral Moon[2].

Le boom occulte des années 1970 influence les paroles de nombreux groupes de heavy metal de la première heure. Au début des années 1980, plusieurs groupes ont traité ces thèmes de manière plus extrême, notamment Venom, Mercyful Fate et Bathory. Au milieu des années 1980, le heavy metal se divise en plusieurs sous-genres, dont le black metal, qui tire son nom d'un album de Venom portant le même titre. Dans les années 1980, le terme était imprécis en ce qui concerne les attributs musicaux, désignant simplement tous les groupes de metal dont les paroles étaient sataniques[3]. Bien que des groupes de metal chrétien aient existé depuis la fin des années 1970, un contraste évident avec le black metal s'est produit en 1984 avec la sortie du premier album du groupe américain de doom metal Trouble, Psalm 9, qui s'appuyait de manière significative sur la Bible. Metal Blade Records présente Trouble comme un groupe de « white metal », par opposition au black metal. Le chanteur Eric Wagner explique en 2006 qu'« au début des années 1980, tout le metal était en quelque sorte satanique » et a laissé entendre que Metal Blade (ou son propriétaire Brian Slagel) avait en fait inventé le terme en premier lieu : « Je pense que c'était plutôt Metal Blade qui essayait d'être mignon ou quelque chose comme ça, avec tout ce qu'on appelait black metal, alors pourquoi ne pas nous appeler white metal, ce qui est un tas de conneries »[4].

Années 1990

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Le premier album du groupe australien Horde, Hellig Usvart, enregistré et publié en 1994, est souvent considéré comme le premier album de « unblack metal », bien que le seul membre « Anonymous » ait déclaré qu'« il y avait des groupes similaires avant Horde, même en Norvège », faisant référence à Antestor qui s'est formé en 1990. Avant 1993, ils formaient un groupe de death-doom appelé Crush Evil. Le premier album d'Antestor, Martyrium, est également enregistré en 1994 et marque un tournant vers le territoire du black metal. Cependant, en raison de problèmes avec le label du groupe à l'époque, l'album ne sort officiellement qu'en 2000. Euronymous de Mayhem déclare dans une interview que quelqu'un devrait forcer Crush Evil à se dissoudre[5].

Le début du mouvement unblack dépend de la définition qui lui est attribué. Horde est souvent considéré comme le premier groupe d'unblack avec la sortie anonyme du premier album, Hellig Usvart, en 1994 avec Nuclear Blast Records. Cet album cause beaucoup de controverse dans la scène black metal et des menaces de mort ont été envoyées chez Nuclear Blast en demandant à la maison de disques de révéler l'identité du musicien anonyme à l'origine du disque. Il sera par la suite découvert que ce musicien n'était autre que Jayson Sherlock, ancien batteur de Mortification et Paramaecium[6]. Horde n'a joué que deux concerts, Sherlock se produisant sous le pseudonyme « Anonymous »[6].

Le phénomène attire rapidement l'attention des médias : le 6 juin 1995, le journal hebdomadaire norvégien Morgenbladet publie un article sur l'unblack metal, décrivant l'album de Horde comme « une satire abrupte du mouvement black metal norvégien ». Antestor y est également interviewé, le chanteur Kjetil Molnes déclarant : « Nous nous identifions au black metal en tant que style musical, non comme idéologie ou croyance »[7].

Après 1995, influencés par Horde, d'autres groupes commencent à sortir leurs premières démos. Le groupe indonésien Kekal s'associe rapidement au mouvement, Eduardo Rivadavia d'AllMusic écrivant que Kekal est l'un des premiers groupes de heavy metal de Jakarta à percer sur la scène internationale en se réclamant de la foi chrétienne[8].

Beaucoup d'autres groupes arrivent par la suite. Antestor sort en 1998 The Return of the Black Death sur Cacophonous Records, l'un des principaux labels de black metal en Europe, qui avait notamment contribué à lancer Cradle of Filth et Dimmu Borgir[9]. Les relations avec le label se révèlent cependant difficiles : Cacophonous censure les termes « Lord » et « Jesus » dans les paroles avant la sortie de l'album, et le groupe affirme n'avoir perçu aucune royalty. Des rumeurs persistantes dans la scène ont prétendu que le label aurait immédiatement rompu le contrat en découvrant la foi chrétienne des membres ; Antestor a toutefois contredit cette version lors d'interviews en 1998 et 2000, précisant que leur contrat restait valide et que c'est Cacophonous qui avait cessé tout contact, invoquant une faillite[10],[11]. L'album est bien accueilli par la critique, les magazines britanniques Kerrang! et Terrorizer lui attribuant chacun 4 points sur 5[12].

La même année, l'EP éponyme de Vaakevandring (enregistré en 1998) est produit par Stian Aarstad, ancien claviériste de Dimmu Borgir, illustrant les collaborations ponctuelles entre la scène black metal séculière et les groupes unblack[13].

Bien que l'unblack metal n'ait pas reçu de succès du grand public dans la musique (chrétienne ou non), quelques groupes, comme Crimson Thorn, jouent au Cornerstone Festival, l'un des plus grands festivals de musique chrétienne aux États-Unis[14],[15].

Depuis les années 2000

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Image
Le groupe norvégien Drottnar sur scène au Elements of Rock, en 2013.

Au début des années 2000, selon le magazine Screams of Abel, il y a une « explosion internationale de groupes de black metal chrétiens », et le black metal « semble être le genre qui se développe le plus rapidement sur la scène du metal chrétien »[16]. En 2000, le premier album de Lengsel, Solace, est acclamé par la critique[17], Sanctifica sort Spirit of Purity[18], Crimson Moonlight sort son premier album The Covenant Progress[19], tandis que Drottnar publie ses démos sur un album intitulé Spiritual Battle, ce qui leur vaut une certaine popularité au sein de l'underground scandinave[20].

En dehors de la Scandinavie, l'unblack metal développe des scènes régionales aux États-Unis, en Amérique du Sud et en Europe centrale. Frost Like Ashes, basé à Kansas City, est un groupe américain[21]. Les scènes d'Amérique du Sud et d'Amérique centrale, par exemple, sont connues pour leur attitude radicalement anti-satanique[22], et des groupes comme Exousia et Deborah (Mexique) se produisent sur la scène internationale en Europe[23],[24].

En Pologne, les groupes d'unblack metal les plus connus sont Abdijah, Fire Throne et Elgibbor. Ce dernier fait l'objet d'un court documentaire de la télévision polonaise consacré à l'unblack metal[25]. Le groupe polonais Batushka, dont l'album Litourgiya traite de la liturgie orthodoxe russe et qui laisse ouverte la question de savoir si ses textes doivent être considérés dans une perspective chrétienne, satanique ou anti-religieuse, est également polémique[26],[27]. Les Pays-Bas comptent des groupes tels que Dormant et Slechtvalk[28],[29], bien que ce dernier ne se considère pas comme un « groupe chrétien »[30]. En Suède, il existe une petite scène spécifiquement catholique romaine autour des groupes Reverorum Ib Malacht et Döddföd, le premier ayant été fondé entre autres par l'ancien guitariste d'Ofermod Karl Hieronymous Emil Lundin et par Karl Axel Mikael Mårtensson. Après leur conversion au catholicisme en 2010, l'orientation du contenu change également[31],[32],[33]. Bien que Reverorum ib Malacht se soit entre-temps prononcé contre le satanisme, son guitariste Nicklas Johan Lingvall est en même temps actif dans des groupes anticosmiques et sataniques comme Grav ou Draug.

En 2006, le groupe suédois Admonish gagne en notoriété lorsque les jumeaux Emil (guitare) et Jonas Karlsson (basse) apparaissent dans l'émission de télévision européenne Pimp My Ride International, où leur musique est diffusée[34].

En 2007, le groupe norvégien Frosthardr apparaît dans le documentaire britannique Murder Music: A History of Black Metal, consacré au black metal, où il représente le point de vue chrétien au sein du genre. Le chanteur Daniel Ravn Furfjord y déclare : « Il est difficile de trouver des musiciens qui s'intéressent à ce genre de musique et partagent notre point de vue »[35].

En Europe, les festivals Blast of Eternity à Neckarsulm (Allemagne), Elements of Rock (Suisse) et Nordicfest à Oslo (Norvège) constituent des centres importants de l'unblack metal.

Controverse

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L'unblack metal est au cœur d'un débat persistant sur la légitimité d'un black metal chrétien. De nombreux musiciens de la scène séculière considèrent l'expression « black metal chrétien » comme un oxymoron. Dans le documentaire Murder Music: A History of Black Metal (2007), tous les musiciens interrogés affirment que le black metal ne peut pas être chrétien[35]. Le chanteur Martin Walkyier du groupe anglais Sabbat commente ainsi : « "Christian black metal" ? Qu'est-ce qu'ils font ? Ils construisent des églises ? Ils les réparent ? »[35].

Les premiers groupes unblack eux-mêmes ont refusé de se réclamer du black metal : Horde qualifiait sa musique de « holy unblack metal » et Antestor préférait le terme « sorrow metal », tous deux estimant que le style était trop fortement associé au satanisme[2]. À l'inverse, de nombreux groupes unblack actuels, comme Crimson Moonlight, estiment que le black metal a évolué d'un mouvement idéologique vers un genre purement musical, et revendiquent donc simplement l'étiquette « black metal ». Le chanteur Simon Rosén déclare ainsi : « Avant tout, nous ne voulons pas appeler notre musique unblack metal ou white metal, nous jouons du black metal » [36],[37].

Jayson Sherlock lui-même estimait que le black metal chrétien constituait une contradiction dans les termes, déclarant en 2006 : « Je ne crois pas qu'il soit possible pour de la musique metal chrétienne d'être véritablement "black" »[38].

Artistes et groupes

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Ils comprennent notamment : Admonish, Antestor, A Hill to Die Upon, Apostisy, Armageddon Holocaust, Arvinger, Azmaveth, Bedeiha, Beeroth, Christageddon, Crimson Thorn, Crimson Moonlight, Deborah, Drottnar, Elggibor, Erasmus, Evroklidon, Frost Like Ashes, Frosthardr, Golgota, Horde, Hortor, Immortal Souls, Kekal, Lengsel, Mortal Treason, Nephesh, Poeme of Shadows, Sanctifica, Shadows of Paragon, Slechtvalk, et Vaakevandring.

Notes et références

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  1. (en) Marcus Moberg, Christian Metal: History, Ideology, Scene, Bloomsbury Publishing, (ISBN 978-1-47257-986-7)
  2. 1 2 (en) Erasmus, « Horde interview », sur Unblack.de, (consulté le ).
  3. (en) Michael Moynihan. Lords of Chaos: The Bloody Rise of the Satanic Metal Underground. Venice: Feral House, 2006.
  4. (en) Martin Popoff. Forewords for the re-issue of Psalm 9 booklet. 2006. Escapi Music.
  5. (en) Eithun, « Mayhem Interview », sur Orcustus (magazine), blackmetal.nu, 1990–1993 (consulté le ).
  6. 1 2 (en) « Horde », sur Encyclopaedia Metallum (consulté le ).
  7. (no) « MusikkOpp-ned oppnedkors ! », Morgenbladet, Oslo, .
  8. (en) Rivadavia, Eduardo, « Kekal », AllMusic (consulté le ).
  9. (en) « Antestor », sur Encyclopaedia Metallum (consulté le ).
  10. (en) Armoth (Svein Sander), « Antestor Interview », sur Art for the Ears Webzine, (consulté le ).
  11. (en) « Antestor », The Christian Underground Zine, no 4, .
  12. (en) « Antestor - The Return of the Black Death », sur Encyclopaedia Metallum (consulté le ).
  13. (en) « Demo 98/99 », sur Encyclopaedia Metallum (consulté le ).
  14. (en) « Crimson Thorn », sur Encyclopaedia Metallum (consulté le ).
  15. Cornerstone Festival.
  16. (en) Powell, « Antestor », Valsignalandet, no 32, (lire en ligne, consulté le ).
  17. (en) Rivadavia, Eduardo, « Lengsel », AllMusic (consulté le ).
  18. Sharpe-Young 2001, "Sanctifica", p. 315-316. "A Christian Black Metal band?... Fronted by Hubertus Liljegren, brother of Christian Liljegren of noted Christian Hard Rock act Narnia".
  19. Sharpe-Young 2001, Crimson Moonlight, p. 91. Crimson Moonlight are one of the few acts to pursue black Metal music with the most ironic of twists--they are clearly stated Christians.
  20. (en) « Drottnar », Info-Black.com - The Ultimate Black Metal Informative Site (consulté le ).
  21. (en) « Frost Like Ashes Signs with Sullen Records - March 13, 2008 », sur Blabbermouth.net, Open Publishing, (consulté le ).
  22. (en) Black Metal Primer Redux Heaven's Metal #67 2-3/07.
  23. (en) « Deborah (MEX) at Finland's Underground Festival 2005 », sur imperiumi.net, web.archive.org (consulté le ).
  24. (en) « Exousia (MEX) at Finland's Underground Festival », sur imperiumi.net, web.archive.org (consulté le ).
  25. (en) « Unblack metal - raj document ch.1 » [vidéo], sur YouTube.
  26. (en) « Identity, Orthodoxy and Ambiguity in Extreme Metal Engagements with Religion – Contemporary religion in historical perspective », sur open.ac.uk.
  27. (en) « Dead Languages, Divided Fans, Divinity Inverted: Inside Batushka's Polarizing Vision », sur Revolver.
  28. (nl) « Slechtvalk Interview », sur Lords of Metal, web.archive.org (consulté le ).
  29. (nl) « Slechtvalk », sur Klokradio.nl, web.archive.org, (consulté le ).
  30. (nl) « Slechtvalk », sur Metal Message, web.archive.org (consulté le ).
  31. (en) « Reverorum Ib Malacht Interview », sur invisibleoranges.com.
  32. (de) « Reverorum Ib Malacht: De Mysteriis Dom Christi – Album-Rezension ».
  33. (de) « Reverorum Ib Malacht – Im Ra Distare Summum Soveris Seris Vas », sur Rock Hard.
  34. (en) « Admonish », sur Encyclopaedia Metallum (consulté le ).
  35. 1 2 3 (en) « Murder Music: A History of Black Metal », sur IMDb, (consulté le ).
  36. (en) Mei, Valerio, « Crimson Moonlight », sur WhiteMetal.it (consulté le ).
  37. (en) Jordan, Jason, « Crimson Moonlight - At Their Most Brutal », sur Ultimate Metal webzine, (consulté le ).
  38. (en) Erasmus, « [https://web.archive.org/web/20070601000000*/ http://unblack.d135-1r43.de/ Horde interview] », sur Unblack.de, (consulté le ).

Bibliographie

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Liens externes

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