Les femmes et le pouvoir, un manifeste de Mary Beard 🏴󠁧󠁢󠁥󠁮󠁧󠁿

ImageLes femmes et le pouvoir, un manifeste de Mary Beard.

Perrin, septembre 2018, 128 pages, 10 €, ISBN 978-2-262-07581-1. Épuisé chez cet éditeur, il n’est plus disponible qu’en numérique. Ou en poche : Pocket, mars 2020, avec une postface inédite de l’autrice. Women & Power. A Manifesto (2017) est traduit de l’anglais par Simon Duran.

Genres : littérature anglaise, essai.

Mary Beard naît le 1er janvier 1955 à Much Wenlock dans le Shroshire en Angleterre. Elle est historienne (Histoire, religions, philologie classique) mais aussi professeure de littérature ancienne à l’université de Cambridge et à la Royal Academy of Arts. Elle rédige un blog, Don’s life et écrit des essais historiques ou sociologiques.

Dans la préface, l’autrice explique qu’elle a fait deux conférences « à l’invitation de la London Review of books » (p. 10), une en 2014 et une en 2017 et qu’elle a rédigé ce livre pour les « millions d’autres femmes qui continuent en partie d’endurer les mêmes frustrations » (p. 10).

Elle part du principe que depuis l’Antiquité avec l’empire grec puis l’empire romain, les femmes ne sont pas prises au sérieux, qu’elles n’ont pas la parole et sont tenues à l’écart du pouvoir. Cette « pratique vieille de plusieurs millénaires » (p. 11) permet « d’imposer le silence aux femmes occidentales » (p. 11).

Dans cet essai, elle explique comment les hommes ont pris le pouvoir sur les femmes avec, pour commencer, « un épisode immortalisé il y a près de trois mille ans au début de l’Odyssée d’Homère » (p. 13), dans lequel Télémaque exige que sa mère se taise ; c’était la méthode grecque. Dans les Métamorphoses d’Ovide, les femmes sont changées, en vache (Io), en muette (Écho), ou insultées (Maesia surnommée l’androgyne, Afrania surnommée l’effrontée) ou encore violées (Lucrèce, Philomèle), sans oublier les premières chrétiennes envoyées au lion ; c’était la méthode romaine.

Et elle développe son idée de l’Antiquité à notre époque car rien n’a changé !

C’est vrai qu’avec les moqueries, les insultes, les viols, les féminicides, les critiques et les propos outranciers dans la vie quotidienne, dans le monde de l’entreprise et de la politique, et plus récemment sur les réseaux dits sociaux avec en plus les menaces de viol et de mort, je comprends qu’elle ait eu envie de définir tout ce système au-delà de la simple misogynie.

ImageElle donne de nombreux exemples, surtout en Grande-Bretagne et aux États-Unis mais les lectrices (et lecteurs !) comprennent bien qu’elle parle pour toutes les femmes occidentales, héritières malgré elles des cultures antiques grecque et romaine.

Une lecture pour comprendre, apprendre, et pour que les femmes ne soient plus « bouche bée » ou « sans voix » !

Je note Herland de Charlotte Perkins Gilman (1915), un récit imaginaire, « une utopie resplendissante » (p. 61) au cas où le livre serait traduit en français et encore édité.

Lu pour le Mois anglais.

Qu’un sang impur de Michaël Mention 🇫🇷

ImageQu’un sang impur de Michaël Mention.

Belfond, collection Noir, mars 2025, 336 pages, 20 €, ISBN 978-2-7144-0461-9.

Genres : littérature française, roman noir apocalyptique.

Michaël Mention naît le 13 novembre 1979 à Marseille dans les Bouches du Rhône. Il est romancier (romans noirs). Entre 2008 et 2025, ce sont 15 romans qui paraissent au Rocher, chez Rivages noirs, Ring, Ombres noires, 10/18 Grands détectives et Belfond Noir.

Juillet, Paris, 10e arrondissement. Matt profite de sa semaine de travail terminée pour savourer une bière à la terrasse d’un « café donnant sur l’église Saint-Vincent-de Paul » (p. 9). Ensuite il rentrera et Matt, Clem son épouse et Téo leur fils de 4 ans partiront pour un week-end dans le Tarn. Mais… subitement toutes les feuilles des arbres tombent puis « tonne un vacarme surpuissant » (p. 11), un tremblement de terre ? Une explosion nucléaire ? L’explosion d’un volcan ?

Matt relève Ange, un ami de 92 ans et aide le serveur à le soigner, puis il ne pense qu’à une chose : rejoindre sa famille à 30 km de là où il se trouve mais c’est le chaos partout ! Plus de télévisions, plus de radios, plus de transports…

ImageMatthieu, Clémence et Téo Pantel habitent un loft au 3e étage d’un immeuble avec des voisins aux étages précédents et au rez-de chaussée. L’entente est cordiale et tout le monde pense que tout va s’arranger.

« […] la vie restait belle pour les moins exploités et l’on s’émerveillait encore devant un magnolia, uns sculpture sur bois, un roman d’Incardona avec le sentiment que sans ces choses-là, vivre serait bien moins stimulant. Riche ou pauvre, chacun menait sa barque en fonction de ses opinions, ses besoins, ses moyens, le cul cramé sur la même poudrière. » (p. 51).

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Finalement, les médias reviennent et des allocutions présidentielles : un volcan a explosé en Roumanie ainsi qu’un laboratoire russe en Transnistrie [région auto-proclamée en Moldavie], il y a eu des raz-de-marée, des tsunamis et des milliers de morts partout dans le monde mais tout est réglé, ouf ! Sauf que tous les pays européens sont victimes d’une épidémie sanguinaire… Les survivants se sont cloîtrés chez eux et attendent que de l’eau et de la nourriture leur soient livrées. « Liberté, Égalité, Férocité. » (p. 87).

La solidarité est plutôt la norme, c’est-à-dire que les habitants des étages les plus élevés accueillent leurs voisins (avec enfants et animaux) et la nourriture est partagée parce que dehors, il se passe des choses louches. Mais, évidemment, la situation empire et l’humain étant ce qu’il est… « Alerte rouge, numéro vert, idées noires. Pour la vie en rose, il va falloir patienter. » (p. 236).

ImagePire que le Covid, le FRX1… Quel roman ! Un excellent page-turner ! Aucun temps mort (par contre de nombreux morts partout) ! Entre les problèmes personnels (maladies, couples, etc.) et les problèmes collectifs, l’auteur utilise son humour cynique, et même ses goûts musicaux et cinématographiques… pour distiller une histoire incroyablement sombre, désolante et tellement humaine dans les bons côtés et dans les bassesses. Comment se fait-il que je n’avais jamais lu cet auteur avant ?! En tout cas, je suis contente que Banane ait survécu.

Pour Enna’s ABC challenge (lettre M), Littérature de l’imaginaire #14, Polar et thriller 2025-2026.

Ci-dessous No Quarter de Led Zep, chanson préférée de Matt.

La méridienne de Marghanita Laski 🏴󠁧󠁢󠁥󠁮󠁧󠁿

ImageLa méridienne de Marghanita Laski.

L’Olivier, collection Littérature étrangère, mai 2025, 168 pages, 17,50 €, ISBN 978-02-8236-2235-5. The Victorian Chaise-Longue (1953, réédité en 1999) est traduit de l’anglais par Agnès Desarthe.

Genres : littérature anglaise, roman fantastique.

Marghanita Laski naît le 24 octobre 1915 à Manchester. Issue d’une famille juive intellectuelle et aisée, elle étudie à Oxford (à Sommerville College, une des premières universités pour jeunes femmes). C’est à Oxford qu’elle rencontre John Eldred Howard, fondateur en 1927 de la compagnie de presse indépendante Cresset Press à Londres. Elle l’épouse en 1937 et le couple a deux enfants (un garçon et une fille). Elle devient journaliste et scénariste pour des films puis écrit des essais littéraires et biographiques (Jane Austen, George Eliot, Rudyard Kipling et Charlotte Mary Yonge). Elle est romancière, nouvelliste, critique littéraire de science-fiction pour The Observer, panéliste pour la radio BBC et contribue à l’ajout de 250000 mots dans le Oxford English Dictionary. Elle meurt le 6 février 1988 au Royal Brompton Hospital à Londres.

ImageLondres, années 1950. Guy Langdon, avocat, et son épouse Melanie ont acheté une jolie maison dans la campagne londonienne. Lorsque Melanie s’est retrouvée enceinte, le Dr Mcpherson et le Dr Gregory ont découvert une tache sombre…

« […] nous espérions tous deux, comme vous le savez, que cette tache suspecte en resterait là, mais elle est devenue maligne, comme il arrive dans certains cas, et bien que, par une chance miraculeuse, nous ayons pu vous aider à mettre au monde un beau bébé bien vigoureux, il est de notre devoir de vous rappeler que pendant de longs mois vous avez aussi abrité un bacille actif de la tuberculose qui en a profité pour se promener un peu partout dans votre corps. » (p. 17).

Melanie est donc alitée dans sa chambre depuis quatorze mois et ne peut voir son fils, Richard, 7 mois, que de loin, porté par sœur Smith, la nounou qui s’occupe de lui depuis sa naissance.

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Mais le premier échantillon étant revenu négatif, le Dr Gregory propose que Melanie profite du soleil le matin dans son lit puis qu’elle soit installée dans le salon pour profiter du soleil l’après-midi. « Melanie l’interrompit avec enthousiasme : Je pourrais m’étendre sur la méridienne victorienne. – La mériquoi ? s’exclama le docteur en se détournant vivement. – Mais oui, dit Guy. Elle a parfaitement raison. Regardez ! […] une méridienne datant de l’époque victorienne. Elle était affreuse, encombrante et tout à fait extraordinaire, mesurant plus de deux mètres de long et d’une largeur proportionnelle, rebiquant par le haut et par le bas, comme si les deux extrémités avaient cherché à se rejoindre […] – Quel objet monstrueux ! dit le docteur : Où avez-vous dégoté ça ? Et, sans attendre la réponse il ajouta : Je crois que cela fera parfaitement l’affaire. » (p. 27-28).

Rassurée, pensant déjà à une totale guérison, Melanie est portée par Guy sur la méridienne et elle s’endort rapidement au soleil. Mais lorsqu’elle se réveille, elle ne reconnaît ni les lieux, ni les odeurs, ni les voix qui lui parlent : elle s’appelle Millie Baines et elle a une sœur aînée, Adelaide ! Mais Melanie Langdon est toujours présente en elle, « Melanie songea : Il ne faut pas que je m’énerve. Quoi qu’il arrive, je dois faire en sorte qu’elle garde son calme. » (p. 63). « Adelaide, fit-elle. Quel jour sommes-nous ? – On est le 22 avril, dit Adelaide. On est encore aujourd’hui, alors, pensa Melanie, mais afin d’en être sûre, elle répéta d’un ton interrogatif : Le 22 avril, dis-tu ? Adelaide répliqua d’une voix lasse : Le 22 avril 1864. Durant un instant, durant une éternité, Melanie fut prise d’une frayeur sans limite. […] Car elle savait que c’était la vérité. » (p. 67).

ImageLa méridienne, meuble du quotidien provenant d’une autre époque a-t-elle un pouvoir fantastique ou Melanie vit-elle un cauchemar ? Millie est malade, et même bien plus que Melanie. Que peut faire Melanie ? Existe-t-il une solution pour que Millie guérisse ? Melanie peut-elle s’endormir et se réveiller chez elle auprès de Guy et de Richard ? Dans les années 1950, une femme malade est bien peu de choses et pour Millie en 1864, la situation est bien pire. Melanie a de plus en plus peur et elle craint pour sa vie… car elle ne sait pas si elle retrouvera son monde, son époque et sa véritable identité. Si à l’époque de Melanie, les médecins peuvent faire quelque chose pour la malade, à l’époque de Millie, les médecins ont bien peu de connaissances et ce sont les prêtres qui ont le dernier mot. La méridienne est un roman angoissant, terrifiant disait P. D. James.

Marghanita Laski est une autrice anglaise à découvrir car elle est tellement peu (pas !) connue en France qu’il n’existe même pas de page Wikipédia à son nom en français ! La méridienne est le premier roman traduit en français et j’espère bien que d’autres paraîtront chez L’Olivier !

ImageJ’ai repéré ce roman chez… euh… je ne me rappelle plus… peut-être sur un réseau, sur FB car je l’ai réservé à la médiathèque et il est arrivé juste pour le Mois anglais ! Mais il a aussi été lu et apprécié par Cannetille, Gromovar, Milie, Pamolito, Titine, et il est possible de trouver d’autres liens sur Bibliosurf.

Pour le Mois anglais donc mais aussi 2026 sera classique (1953), Littérature de l’imaginaire #14 et Petit Bac 2026 (catégorie Objet avec Méridienne).

Re:Start de Katia Lanero Zamora 🇧🇪

ImageRe:Start de Katia Lanero Zamora.

Argyll, collection RéciFs, mai 2025, 128 pages, 9,90 €, ISBN 978-2-494665-79-8.

Genres : littérature belge, roman, science-fiction.

Katia Lanero Zamora naît le 5 mars 1985 à Liège en Belgique, dans une famille d’origine espagnole. « Elle fait des études littéraires à l’Université de Liège. Elle réalise une licence en langues romanes et littérature, suivie d’un master de communication en métiers du livre. » (source Wikipédia). Elle écrit deux albums jeunesse, Albigondine est une fée (Luzabelle, 2010) et Günther le Menteur (Luzabelle, 2011) puis se lance dans l’écriture de romans Young adult fantasy en 2012 et dans les podcasts littéraires pour la RTBF et La voix dans la tête . Re:Start est son nouveau roman.

ImageGeneviève Legrand est la mentore de toutes les femmes qui participent à Re:Start dans un village isolé. Cinq mille Lumineuses et les douze nouvelles (d’un programme pour ados) qui vont être marrainées par les Semeuses dans « la Grande Aventure de la Beauté » (p. 16). Dans cette communauté adepte de la beauté et de la minceur, les places sont comptées et chaque nouvelle Lumineuse doit porter allégeance en prouvant son engagement et en formulant des vœux. La Cérémonie : discours prédateur de Geneviève Legrand, musique adaptée, tout est prévu pour que les novices – et les autres – soient envoûtées. Ah, et j’ai failli oublié : toutes les femmes sont dirigées par une IA, Shannon. C’est dire le niveau sectaire de l’entreprise, de l’emprise !

Image« Geneviève, les yeux fermés, répète fermement : ‘Mon corps est sacré et je suis une déesse. Mon corps est sacré et je suis une déesse.’ Elles reprennent ce mantra de plus en plus fort, de plus en plus convaincues, jusqu’à ce que toutes le hurlent et que l’Atrium leur renvoie leur écho. » (p. 19).

Je lis des mots comme « silhouette parfaite […] le pire ennemi de la femme est sa tendance à l’autosabotage […] vraie hygiène de vie qui combat l’entropie et la nature humaine […] discipline et soutien de la Communauté. » (p. 21), ça fait peur, n’est-ce pas, surtout quand on sait ce qu’a fait Calliste (dans le prologue) et que Geneviève cherche car il est interdit de manquer la Cérémonie…

ImageAvec Re:Start, Geneviève a créé de nombreuses gammes de produits, soins, beauté, nourriture, boissons, vêtements, émissions télévisées… J’aime que les lecteurs suivent Mona parce qu’elle est… spéciale et attachante. Et ce qu’elle va découvrir est affreux ! Vous vous en doutez, cette histoire Re:Start se termine mal et c’est tant mieux parce qu’on ne peut pas appuyer sur un bouton et « recommencer » notre vie, notre corps ! Par contre, il est possible de prendre soin de nous, femmes ou hommes, en ayant une vie saine, en mangeant normalement (et pas en se privant), en étant ni boulimique ni anorexique. En fin de volume, des infos et des ressources internet et livresques pour celles et ceux qui ont besoin d’aide parce que « Les injonctions à la beauté standardisée provoquent des troubles alimentaires et psychologiques graves » (p. 121).

ImageSi vous avez lu ce roman, vous avez compris que certaines s’en sortent et d’autres pas mais que cette industrie est tellement puissante que d’autres s’enfileront dedans avec tellement d’espoir mais ne s’en sortiront pas alors achetez ce livre et offrez-le si vous pouvez, en tout cas parlez-en et conseillez-le autant que vous pouvez !

Un roman dévoré d’une traite à lire absolument quels que soient votre corps, votre poids et votre état d’esprit !

Pour Challenge lecture 2026 (catégorie 9, un roman qui traite de la santé mentale), Enna’s ABC Challenge (lettre L), Littérature de l’imaginaire #14 (science-fiction), Petit Bac 2026 (catégorie Déplacements, actions, mouvements pour Re:Start, j’attends le feu vert d’Enna).

Crâne d’os de Mo Hayder 🏴󠁧󠁢󠁥󠁮󠁧󠁿

ImageCrâne d’os de Mo Hayder.

Presses de la Cité, collection Noir, mai 2025, 432 pages, 22,90 €, ISBN 978-2-25821-156-8. Bonehead (2024) est traduit de l’anglais par Anne-Sylvie Homassel.

Genres : littérature anglaise, thriller.

Mo Hayder naît le 2 janvier 1962 à Londres. Des petits boulots, une vie à Tokyo, des études de cinéma aux États-Unis, le retour en Angleterre, l’écriture avec Birdman en 2000, d’autres titres suivront. Elle meurt le 27 juillet 2021. J’avais lu Tokyo et Rituels. Crâne d’os est paru à titre posthume.

ImageEastonbirt, village anglais des Costwolds. Depuis la mort de son père, Alex Mullins vit avec sa mère et leur chien Bamber dans une grande maison avec parc et forêt. Elle est entrée dans la police, a travaillé deux ans à Londres avant de revenir dans la région de son enfance.

En fait, à Eastonbirt, il existe une légende urbaine : une prostituée tzigane assassinée il y a une centaine d’années et jetée dans un fossé reviendrait hanter les habitants qui l’ont surnommée Crâne d’os.

ImageAlex se rappelle la fête du lycée : en pleine nuit le bus qui les ramenait a sombré dans le lac. Alex a pu en sortir mais sa main gauche a été grièvement endommagée. Arran, son ami d’enfance, a plongé plusieurs fois pour sortir des camarades mais il n’a pas pu sauver tout le monde. Plusieurs ados sont morts et le conducteur, père d’une ado devenue alcoolique, aussi. Quant à Alex, sur la rive, elle a vu Crâne d’os penchée sur elle : « Je suis la mort. Je suis Crâne d’os. Je te regarde. » (p. 34). Une hallucination ?

ImageMais maintenant, adulte et policière, Alex se pose des questions : Bamber a disparu un soir dans le parc de la maison et n’est jamais revenu… Maryam et Rhory Black, les parents d’Arran, lui aussi dans la police, cherchent désespérément « Tumble, leur bâtard de 3 ans disparu depuis six semaines. » (p. 25).

Et pourquoi les cinq autres survivants et leurs parents ne veulent pas parler ? « Que me cachez-vous ? Quel est votre secret ? » (p. 171), se demande Alex.

ImageLes chapitres, courts, alternent entre Alex et Maryam dans un incroyable page turner. J’ai bien apprécié cette alternance entre les deux femmes, une jeune mais déjà marquée par les chocs de la vie, une plus âgée qui a accouché de Minty et qui, selon son mari, est en dépression post-partum. Peu à peu, les événements du passé et du présent se croisent, des questions émergent (surtout chez Alex, Arran qui travaillent ensemble et chez Maryam qui se croit folle et maudite).

ImageJ’ai aimé découvrir l’histoire de Maryam et Rhory, leur rencontre, leur amour, la naissance d’Arran puis de Minty vingt ans après. J’ai tremblé pour les ceux chiens, Bamber et Tumble. J’ai suivi Alex et Arran, amis d’enfance, dans leurs retrouvailles professionnelles et peut-être plus si affinités. Je me suis questionnée comme eux sur cette histoire de Crâne d’os et les réponses sont… tellement terribles ! C’est certain que je lirai d’autres titres de Mo Hayder.

ImageEn fin de volume, un bel hommage de Karin Slaughter [autrice états-unienne de romans policiers et thrillers] qui exprime son admiration et son respect pour Mo Hayder, la femme et l’autrice.

Pour Challenge lecture 2026 (catégorie 11, un livre avec un gros mot dans le titre pour Crâne d’os), Enna’s ABC challenge (lettre H), Escapades en Europe #2 (en juin, les îles), Mois anglais, Petit Bac 2026 (catégorie Gros mot avec Crâne d’os), Polar et thriller 2025-2026.

Sable noir de Cristina Cassar Scalia 🇮🇹

ImageSable noir – Une enquête de la commissaire Vanina Guarrasi de Cristina Cassar Scalia.

L’Archipel, mars 2024, 400 pages, 22 €, ISBN 978-2-80984-738-3.

Genres : littérature italienne / sicilienne, roman policier.

Cristina Cassar Scalia naît le 25 mai 1977 à Noto en Sicile. Elle étudie la médecine et la chirurgie à l’Université de Catane et devient ophtalmologue. Elle est aussi autrice avec en particulier la série de la commissaire Giovanna Guarrassi (11 tomes entre 2018 et 2026).

« Trente-neuf ans, palermitaine. Douze années de carrière dans la police, dont les six premières dans l’antimafia, et un CV rempli d’affaires résolues avec brio. Après trois ans passés à la direction de la police judiciaire de Milan, dans la via Fatebenefratelli, la commissaire Giovanna Guarrassi, Vanina pour les intimes, était maintenant à la tête de la brigade criminelle de Catane. » (p. 18).

ImageAlors que Vanina vient de rentrer chez elle, une belle maison dans le village de Santo Stefano, qu’elle a refusé une invitation de son amie Giuli, et qu’elle s’apprête à regarder un film, le capitaine Carmelo Spanò l’appelle : un cadavre trouvé dans une villa à Sciara. La villa où vit Alfio Burrano qui n’a pas pu prendre son vol professionnel car des cendres noires tombent de l’Etna.

Le cadavre d’une femme, bien habillée, était caché dans un monte-plats mais depuis combien de temps ? Et Alfio ne vit que dans une petite partie de la maison que sa tante, Teresa Burrano, veut bien lui prêter… En fait, c’est son domestique Chadi qui a entendu un mur s’effondrer et qui a vu que c’était à cause de l’eau, c’est pourquoi les deux hommes sont allés dans la partie de la maison fermée, celle où l’oncle d’Alfio, Gaetano Burrano, a été tué à son bureau en 1959.

ImageJ’aime bien la commissaire et son équipe, tous différents, certains ont de la ressource et on apprend quelques infos sur eux au fil du récit. J’aime bien aussi le commissaire Biagio Patanè, il est retraité mais c’est lui qui avait mené l’enquête en 1959 et, à l’époque, son supérieur n’avait pas voulu écouter ses idées ce qui avait irrémédiablement fait accuser Masino Di Stefano, le secrétaire de Gaetano Burrano, que la police avait lié à la mafia. « Patanè la regarda, un peu perdu. Puis il sourit : – Combien de temps j’aurais gagné avec tous ces machins chouettes magiques, hein ? Combien de temps ? » (p. 272).

Et puis, il y a un autre personnage, l’Etna qui crache son sable noir qui donne son titre au roman, à cette première enquête de la commissaire Vanina Guarrasi de retour en Sicile après quelques années à Milan.

ImageJ’avais repéré ce roman l’automne dernier sur le blog de Belette/Cannibal Lecteur ; ils l’ont lu aussi : Benjamin sur Le parfum des mots, Eimelle sur Tours et culture, Manuel sur Le monde du polar, Millina sur Les paravers de Millina, Serial Lectrice, Zina sur Les Pipelettes en parlent sans oublier Bibliosurf. D’autres ?

Pour Escapades en Europe #2 (en juin, les îles avec ici la Sicile), Petit Bac 2026 (catégorie Couleur avec Noir), Polar et thriller 2025-2026.

Aller à La Havane de Leonardo Padura 🇨🇺

ImageAller à La Havane de Leonardo Padura.

Métailié, Collection Bibliothèque hispano-américaine, janvier 2026, 368 pages, 22,50 €, ISBN 979-10-226-1502-0. Ir a La Havana (2024) est traduit par René Solis. Photographies de Carlos Torres Cairo.

Genres : littérature cubaine, roman, essai, beau livre.

Leonardo Padura… Vous pouvez lire ce que j’avais rédigé pour Électre à La Havane en 2023.

J’avais repéré ce livre à sa parution, je l’avais feuilleté en librairie pour voir les photos et j’avais demandé à mon collègue de l’acheter. Ce livre est parfait pour le Mois espagnol et sud-américain d’autant plus qu’on entend beaucoup parler de Cuba en ce moment dans l’actualité (plus d’énergie, plus d’eau…). Billet publié avec du retard, désolée, lo siento.

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Leonardo Padura sur Crea literatura

Début du préliminaire de Leonardo Padura. « Voici un livre que j’ai toujours voulu écrire. J’avais besoin de cet exorcisme pour assouvir l’une de mes obsessions les plus persistantes. Et je suis du genre assez obsessionnel. Ce livre est un chant d’amour à la ville où je suis né et où je vis, écris et subis, l’endroit du monde auquel j’appartiens, comme une bénédiction ou une fatalité sans appel : comme l’eau sur cette île nous entoure de toutes parts. C’est un livre qui a commencé à s’écrire, sans que je le sache, il y a plus de quarante ans, quand j’ai griffonné mes premiers textes, récits et reportages, d’atmosphère, ambiances, personnages, histoires et langage proprement havanais. Ou peut-être a-t-il commencé à se rédiger depuis bien plus longtemps, la première fois où j’ai entendu mes parents dire ‘Aujourd’hui nous allons à La Havane’ et où j’ai compris (ou pas) ce qu’ils entendaient par là. Mantilla, mon quartier, n’était-il pourtant pas à La Havane ? » (p. 7).

Description du livre. Dans la première partie, Comment je suis arrivé de Mantilla à La Havane, il y a 20 chapitres et dans la deuxième partie, La ville, mémoire de quelques quartiers et de quelques personnages, il y a 11 chapitres, puis un court épilogue. En début de volume, il y a 15 photographies en couleurs sur 24 pages (selon qu’elles sont en pleine page ou en double page) et en fin de volume, il y a également 15 photographies en couleurs ou en noir et blanc sur 24 pages (idem pleine page ou double page).

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Mantilla, le village créé par des ancêtres espagnols il y a des centaines d’années est devenu, au fur et à mesure qu’il s’agrandissait et que La Havane elle-même s’agrandissait, un quartier de La Havane en tant que capitale. C’est comme si quelqu’un habitant dans un quartier périphérique disait ‘je vais au centre-ville’. Ce phénomène de villages devenus au fil du temps partie prenante de la (grande) ville s’est vu dans tellement de pays (mon exemple favori est le Japon, qui est une île comme Cuba avec des îlots autour, eh bien les petits villages de pêcheurs au centre-est sont devenus des quartiers de Tôkyô !).

J’ai appris tellement de choses sur La Havane, son histoire, ses habitants (il y avait des indigènes paléolithiques lorsque les premiers colons sont arrivés mais je pense qu’il ne reste malheureusement aucune trace…) en provenance d’Espagne puis d’autres pays d’Europe, ainsi que la flotte des Indes, puis des Chinois (particulièrement des Cantonais qui ont créé le quartier chinois) et des Noirs d’Afrique. J’apprends avec surprise qu’il n’y avait pas de littérature jusqu’au début du XIXe siècle (les premiers auteurs, poètes et philosophes sont cités p. 25 et suivantes). Son indépendance en 1902, sa volonté de devenir « la Nice des Caraïbes. » (p. 29), la main basse des États-Unis « des occupants militaires et des investisseurs » (lire en bas de la p. 29-30)… Avec l’influence architecturale des maîtres catalans, la prospérité bourgeoise (de façon légale ou illégale), La Havane est devenue une ville moderne, électrisée, effervescente et flamboyante avec ses immeubles et magasins luxueux, ses restaurants et hôtels tout confort, son tramway « efficace et élégant » (p. 31), sa construction automobile florissante, en fait c’est peut-être à ce moment-là qu’il aurait fallu visiter La Havane, en tout cas, avant la révolution… Je note aussi que Mantilla et La Havane ont subi ce que l’auteur appelle des ‘effacements de mémoire’, des choses belles ou importantes qui soudainement sont devenues inutiles et ont été détruites… Je trouve ça extrêmement triste tout ce patrimoine et cette Histoire perdus.

ImageEn tout cas, enfant, l’auteur apprend à connaître Mantilla, joue au base-ball (pelota) avec ses copains (de toutes couleurs) puis, adolescent, découvre les quartiers proches et augmente sa « conquête territoriale » (p. 38) et son éthique (philosophie et fraternité du côté de son père franc-maçon, charité et solidarité du côté de sa mère catholique) mais il s’est toujours « tenu éloigné de tout militantisme fraternel, partisan ou religieux. » (p. 40). Il apprend aussi avec son père ou un oncle à découvrir La Havane, ses stades et ses joueurs de base-ball (je n’ai jamais rien compris aux règles). Puis il y eut la révolution socialiste, la construction de l’Homme Nouveau et tout ce qui s’en suivit soi-disant pour le meilleur mais je pense plutôt pour le pire… Plus de commerce privé, tout est confisqué et réquisitionné par l’administration d’État (facile de voler les biens d’autrui même des plus pauvres). En 1970, « La ville dans laquelle j’entre en tant qu’adolescent est donc un lieu qui s’est assombri, dépeuplé, appauvri, transformé, déformé. » (p. 54). Je connais un peu cette partie de l’histoire et je ne peux pas vous résumer tout le livre que j’ai pris un immense plaisir à lire.

Mais je peux bien sûr vous donner encore quelques infos ou extraits, que je veux partager avec vous et garder pour moi. Bien que je sois plus jeune que l’auteur, ses goûts musicaux me correspondent (p. 61, bien qu’interdits à Cuba), par contre je ne connais pas les artistes cubains des différentes époques que l’auteur cite mais je suis fan du Buena Vista Social Club. Étudiant, il découvre l’amitié fraternelle, l’amour (et le désamour), les parcs et jardins de La Havane (tous renommés bien sûr), la littérature (puisqu’il ne peut pas devenir joueur de base-ball ou journaliste sportif, décision du gouvernement) et il comprend alors où va se diriger sa vie : lire et écrire, ce qui est confirmé : « jusqu’à ce qu’en 1984 je mette un point final à un récit initiatique et très havanais que j’ai appelé Fiebre de caballos (Fièvre de chevaux)… et que je devienne un jeune romancier. Un jeune romancier havanais. » (p. 73).

ImageCe livre est une extraordinaire succession de souvenirs, témoignages, informations personnelles, culturelles (théâtre, musiques…), historiques, touristiques voire économiques, entre autres puisqu’il parle aussi des côtés sombres comme le proxénétisme et la prostitution. Il se lit comme un roman mais moins vite qu’un roman (surtout avec cette longue note de lecture !) et c’est pourquoi j’ai du retard dans la publication de ce billet.

J’ai souvent rêvé d’aller à La Havane… Depuis que j’ai lu (je pense que j’avais une dizaine d’années) Notre agent à La Havane de Graham Greene (1958-1959) « emprunté » dans la bibliothèque de mon père puis vu le film (1959, cité par l’auteur p. 19) quelques années plus tard (j’en ai gardé une passion pour les films en noir et blanc et pour les histoires d’espionnage). La Havane ayant été créée il y a plus de 500 ans (les 500 ans ont été célébrés en 2019), « fondée en 1519, à l’ombre d’un ceiba (arbre sacré) et au bord d’une baie très propice pour mettre les navires à l’abri de la malédiction cyclique qui balaie les Caraïbes : l’ouragan – un phénomène que les aborigènes cubains considéraient comme une force démoniaque. » (p. 24), je m’imaginais les vieux bâtiments historiques, les populations bigarrées, les plantations de café et de tabac à cigares, le ciel bleu, les palmiers, la mer, les levers et couchers de soleil, les couleurs, comme un petit paradis sur terre parce que j’ai vu de belles photographies, des documentaires et que j’aime bien les grandes voitures colorées (qui devaient polluer énormément !) mais je sais que tout a changé depuis la révolution dans les années 1950 et avec l’actualité de maintenant. Je veux donc savoir, découvrir, apprendre (à défaut de pouvoir y aller un jour…) et je peux dire en paraphrasant l’auteur (préliminaire ci-dessus) : ‘Voici un livre j’ai toujours voulu lire’ !

ImageJ’ai énormément apprécié 1. les photos (pleine page ou double page) de Carlos Torres Cairo (prises entre 1992 et 2024, année de parution du livre à Cuba). 2. les extraits des romans (14 publiés) choisis par Lucía López Coll « qui a vu naître et grandir toutes mes créations littéraires, a su retenir les plus appropriés dans le cadre de ce livre, et elle l’a fait de façon très satisfaisante. » (p. 9) ainsi je me suis délectée d’extraits de romans que j’ai très envie de lire. 3. que les notes soient en bas de page donc bien plus faciles à lire qu’en fin de livre.

Pour Challenge lecture 2026 (catégorie 58, un livre d’un auteur de plus de 70 ans, Leonardo Padura a 70 ans et plus de 9 mois), Enna’s ABC challenge (lettre P), Petit Bac 2026 (catégorie Lieu avec La Havane).

Le masque du renard d’Ewen Blain 🇫🇷

ImageLe masque du renard d’Ewen Blain.

Glénat, avril 2025, 144 pages, 20 €, ISBN 978-2-3440-6110-7.

Genres : bande dessinée française, roman graphique.

Ewen Blain naît à Orléans en 1981 et vit en Île de France. Passionné par la bande dessinée depuis tout jeune, il devient illustrateur de romans et albums illustrés pour la jeunesse. J’ai très envie de lire, sur un autre thème sa première bande dessinée parue en 2021 : Naoto, le gardien de Fukushima, avec Fabien Grolleau au scénario et Ewen Blain au dessin. Plus d’infos sur son ultra-book.

ImageRomain vit en milieu rural avec son père peintre et un chat noir (ses grands-parents paternels n’habitent pas loin). Il est en dernière année de lycée et s’amuse bien avec sa bande d’ami(e)s, Gabi (Gabriel), Paule, Anouk et Lucille.

Paule leur présente Côme, un nouveau venu qui vient d’emménager dans une maison avec ses parents (sa mère est Japonaise, de Kyôto).

ImageDepuis quelques jours, Romain voit un renard (il a même réussi à le prendre en photo) et en le poursuivant, il rencontre Côme qui observe les oiseaux. Ça lui plaît beaucoup et, après l’avoir invité chez lui, Côme lui montre un masque de renard. « Savais-tu que les renards au Japon avaient d’étranges pouvoirs ? Parfois ils se transforment en être humain dans le seul but de séduire leurs proies. Souvent de jeunes hommes imprudents. Méfie-toi, car c’est à la tombée de la nuit qu’ils opèrent. » (p. 36-37).

Romain et Paule sortent ensemble mais ils préfèrent que personne ne soit au courant. Tout vole en éclat quand Gabi l’apprend !

ImageUne très belle bande dessinée délicate et tout en douceur, tant au niveau du récit que des dessins plutôt pastels, mais le renard est bien orange, il envoie des signaux à Romain et Côme a son mot à dire dans cette histoire !

Pour La BD de la semaine avec le thème Bulles arc-en-ciel (plus de BD de la semaine chez Fanny), Littérature de l’imaginaire #14 et Petit Bac 2026 (catégorie Objet avec Masque).

Le capuchon rouge de Martin Powell et Victor Rivas + Alexander Utkin 🇺🇸 🇪🇸 🇷🇺

ImageLe capuchon rouge de Martin Powell et Victor Rivas.

Aventuriers d’ailleurs, collection Les merveilleux contes de Grimm, janvier 2024, 48 pages, 11,9 €, ISBN 978-2-3860-4001-6.

Genres : littérature jeunesse, bande dessinée, adaptation d’un conte classique.

Première version inspirée de Rotkäppchen (1812) de Wilhelm et Jacob Karl Grimm par un auteur de BD états-unien et un dessinateur espagnol.

ImageMartin Powell naît le 8 avril 1959 et vit à Saint-Paul dans le Minnesota. Il est scénariste de comics et bandes dessinées depuis 1986. Il écrit entre autre pour Marvel, DC Comics, Disney et écrit aussi des livres pour la jeunesse et des anthologies. Plus d’infos sur sa page FB.

ImageVictor Rivas naît le 13 septembre 1965 à Pontevedra en Galice (Espagne). Il est illustrateur et coloriste, et collabore avec des auteurs états-uniens pour des ouvrages jeunesse. Le capuchon rouge est sa première bande dessinée. Plus d’infos sur sa page FB.

ImageLes personnages : la diseuse de bonne aventure, le loup, la grand-mère, la maman, le papa, la petite fille. Avez-vous déjà rencontré ce loup ? Il est terrifiant ; il aime « les châteaux sur les falaises escarpées, les sinistres cimetières et les sombres forêts » (p. 4) et se tient loin des villes. La grand-mère tricote une cape avec un capuchon rouge pour l’anniversaire de sa petite-fille.

ImageL’histoire et les dessins sont modernes avec des couleurs à la fois vives et sombres. Mais qui laisse encore une fillette traverser seule des endroits dangereux pour aller chez sa grand-mère ?! Évidemment, elle rencontre un loup, grand et menaçant même s’il essaie d’être amical. Mais, plus de 200 ans après, le conte se passe un peu différemment de celui que tout le monde connaît 😉

Rouge contre le loup d’Alexander Utkin.

Deuxième version inspirée de Rotkäppchen (1857) de Wilhelm et Jacob Karl Grimm par un auteur et dessinateur de BD russe.

Alexander Utkin naît en 1983 à Obninsk (oblast de Kalouga) en Russie. Il est scénariste, dessinateur, coloriste ainsi que musicien. Une interview sur Grand Angle et plus d’infos sur Behance.net (avec ses réseaux).

ImageC’est pour cet auteur russe que j’ai voulu lire cet album (un auteur pas évident à trouver en France). Ces dessins sont surprenants ; la forêt est immense avec de très grands arbres et la fillette qui porte la cape et le capuchon rouge est vraiment très petite. Quant à Utkin, il dialogue avec les frères Grimm, mécontents : « Hé toi, Alexander Utkin ! Sois gentil de créer tes propres histoires ! Le chaperon rouge nous appartient ! » (p. 38) et à ce propos, lire ci-dessous. Plus loin, les frères Grimm sont épatés, le loup est d’une « beauté sauvage » (p. 42) et « encore plus surprenant » (p. 42), la fillette se transforme en… euh… vous verrez par vous-mêmes et Utkin envoie une explosion de couleurs pleine page (p. 44). Je tiens à dire que j’ai bien sûr apprécié les deux versions.

ImageLe petit chaperon rouge est connu en Europe depuis avant le XIIe siècle. « La plus ancienne version retranscrite connue – donc figée – est l’œuvre de Charles Perrault datant de 1697. Les frères Grimm arrivent ensuite, en 1812. Ils apportent une fin heureuse puis rédigent une seconde version en 1857 en ajoutant encore d’autres éléments. Entre ces deux versions, en 1843, l’auteur britannique Henry Cole écrit également sa propre interprétation du conte enrichie de nombreux détails. Par la suite, cette histoire n’a cessé d’être reprise par une multitude d’auteurs. Et elle a traversé les siècles. » (p. 34).

ImageUn album à découvrir pour ce célèbre conte revisité de façon moderne mais différente selon l’auteur espagnol (qui reste classique dans sa modernité avec une pointe d’horreur) et l’auteur russe (qui propose de l’humour et un côté plutôt déjanté voire trash).

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Pour La BD de la semaine avec le thème Bulles en couleurs (plus de BD de la semaine chez Blandine) ainsi que 2026 sera classique (conte classique adapté), American Year (auteur états-unien), Enna’s ABC challenge (lettre U), Littérature de l’imaginaire #14, Littérature Jeunesse, Mois espagnol et sud-américain (dessinateur espagnol) et Petit Bac 2026 (catégorie Couleur pour Rouge).

Picoti n°s 433, 434 et 419 🇫🇷

ImagePicoti n° 433 – Novembre 2025.

Milan, collection Presse Éveil, décembre 2025, 28 pages, 5,95 €, ISSN M02077.

Mensuel « pour les bébés dégourdis » de 9 mois à 3 ans.

Dans la rubrique Le monde de bébé : Samuel découvre le miroir. Le grand miroir est dans le couloir et Samuel passe pour se regarder, faire des grimaces, tirer la langue… L’occasion de découvrir son corps et ce qu’il peut faire. « Et toi, que fais-tu dans le miroir » (p. 5).

Dans le récit-imagier, Ferdinon le petit mouton s’improvise docteur car son doudou loup est malade… De quoi Ferdinon a-t-il besoin pour soigner son doudou ?

Dans Enfantine, l’enfant découvre une photo et une comptine : c’est l’automne alors « Il pleut, il mouille » avec les grenouilles !

Picoti surprise « Aïe, Aïe, ouille ! » est une grande image de 4 pages à déplier pour observer et aider la vétérinaire à soigner les 5 animaux souffrants.

La grande histoire en 6 pages avec Pikou, le chaton qui accompagne sa maman à l’épicerie mais il pleut. Que faut-il pour se protéger de la pluie ?

Dans Cache-cache, une partie est prédécoupée pour découvrir une surprise le même bébé mais de deux façons différentes.

Au milieu du magazine, un livret « Côté Parents » avec un dossier sur les vaccins, un jeu de rôle pour rassurer sur les soins et le monde médical, des infos pour les parents, des coups de cœur pour acheter Livres, albums illustrés ou jouets.

Un très joli magazine au format carré mais avec une illustration en haut au milieu qui garde sa forme pour toutes les pages. Il est aussi très coloré, avec des couleurs vives comme sur la couverture ou des couleurs pastels pour certaines illustrations. Sur les pages, bébé voit le personnage principal et également de nombreux détails. De quoi éveiller sa curiosité pour le mois en attendant le numéro suivant !

ImagePicoti n° 434 – Décembre 2025.

Milan, collection Presse Éveil, décembre 2025, 28 pages, 5,95 €, ISSN M02077.

Si j’ai bien compris, chaque mois, il y a une histoire avec un bébé différent : dans ce numéro de décembre, c’est Pauline qui découvre le sapin de Noël décoré. L’histoire se termine par une question « pour donner à bébé l’envie d’agir et de parler » (p. 5).

Dans le récit-imagier, Ferdinon, un petit mouton qui vit dans la prairie, recevra-t-il lui aussi un cadeau du père Noël ?

Dans Encyclobébé, un animal à découvrir : le renne. Cette rubrique alterne mensuellement entre 3 catégories : Enfantine apprend une comptine pour les mots et les sons ; Naturimagier qui fait découvrir la nature au fil des saisons ; Encyclobébé pour découvrir un animal avec une photo (ou une illustration) de l’animal entier et une photo pour voir un détail de l’animal de plus près.

Picoti surprise est une grande image à déplier pour avoir une surprise sur 6 pages ; dans ce numéro c’est Noël évidemment.

La grande histoire (6 pages) avec illustrations et texte revient à Pikou, un chaton gris, qui partage (mensuellement) ses aventures avec Papa et Maman. Dans ce numéro, il est au marché de Noël et va déguster quelque chose qui sent bon.

Dans cache-cache, une partie prédécoupée est à détacher pour que bébé découvre la réponse à une question ; ici « Ho ho ho ! Qui arrive avec de beaux cadeaux ? »

Au milieu du magazine, un livret « Côté Parents » pour passer ce mois-ci « Un Noël sensationnel » avec des idées et des infos, des bricos et des décos, des coups de cœur (jouets, puzzles, livres…).

ImagePicoti n° 419 – Septembre 2024.

Milan, collection Presse Éveil, septembre 2024, 28 pages, 5,95 €, ISSN M02077 que j’ai eu l’occasion de lire en ligne.

L’histoire « Le monde des bébés » est avec Adèle qui joue avec ses mains et la question pour que bébé réponde.

Ensuite on retrouve Ferdinon, le petit mouton, avec sa copine, Camomille.

Dans Enfantine, c’est « Mains en l’air » pour apprendre une comptine.

Dans Surprise « À table ! », les pages à déplier avec des bébés qui ont faim !

La grande histoire avec Pikou se déroule à la crèche où il retrouve madame Annette et tant de choses agréables.

Dans Cache-cache, la partie prédécoupée pour découvrir « Coucou Panda ! ».

En ligne, je n’ai pas eu accès au supplément Côté Parents mais je trouve ce magazine super pour que bébé découvre les couleurs, les animaux, les choses qu’il peut faire, les relations avec maman, papa et les autres, etc.

ImageJe confirme donc que chaque mois, il y a un bébé humain différent pour la première histoire ; et que Ferdinon et Pikou sont présents à chaque numéro. Une thématique plutôt axée sur les mains et toujours de belles couleurs pour attirer les yeux et la curiosité de bébé.

Pour Challenge Littérature Jeunesse.