La guerre états-unienne contre l’Iran entre dans une nouvelle phase. Il semble que les États-Unis aient envisagé de s’associer à Israël, au début des opération, comme ils l’avaient fait avec le Royaume-Uni pour renverser Mossadegh. Si c’est exact, leur seul et unique objectif aurait été de couper l’approvisionnement de la Chine en pétrole et gaz iranien. Cependant, si Téhéran parvient à impliquer Ansar Allah dans le conflit, cela pourrait se retourner contre les États-Unis au prix d’une crise économique globale avec la fermeture des détroits d’Ormuz et de Bab-el-Mandeb, et l’interruption des transferts maritimes internationaux. C’est pourquoi, Donald Trump tente de s’appuyer sur l’Arabie saoudite et fe contraindre la Türkiye à rompre avec la Russie.
Les propriétaires d’Axios s’affolent face à l’implosion politique des deux grands partis états-uniens, le républicain et le démocrate. Il est clair que plus personne ne peut prévoir qui emportera les élections de mi-mandat au Congrès, le 3 novembre prochain.
Si les arabes du golfe Persique ont conclu de la guerre contre l’Iran qu’Israël était un prédateur et que les États-Unis n’étaient pas le gendarme du monde, les États-Uniens ne savent toujours pas que penser de Benyamin Netanyahou et de sa coalition. Les « sionistes révisionnistes » tentent d’introduire des candidats pro-Israël dans les partis républicain et démocrate, tandis que la majorité des électeurs ne veulent plus soutenir cet État génocidaire. Plus encore, ils tentent de dresser les arabes du golfe contre l’Iran et de relancer l’opération israélienne au Liban.
Selon l’universitaire russe Roxolana Zigon, le Pakistan est un des vainqueurs de la guerre autour de l’Iran. Il a su jouer un rôle efficace de médiateur, en faisant preuve d’une rare souplesse, d’une fluidité particulière. Ainsi, il a participé, sans que l’on s’y attende, à la réorganisation du monde. Il va certainement utiliser son expérience pour négocier les deux conflits qui le concernent directement : le statut du Jammu et Cachemire d’une part, et le traité des eaux de l’Indus d’autre part.
Nous ne comprenons pas du tout la position iranienne face aux États-Unis et à leurs alliés : le peuple iranien n’est pas surpris par la guerre. Il s’y attendait compte tenu de sa position anti-impérialiste. Il ne s’intéresse pas tant à négocier la fin des hostilités, qu’un nouvel ordre international. Il accepte de souffrir pour faire avancer son propre agenda. Washington peut gagner militairement, mais c’est Téhéran qui avance politiquement.
Vu de l’extérieur, nous ne percevons pas la métamorphose des États-Unis : en quatre mois, ceux-ci ont changé d’idéologie politique (ils ne sont plus « jacksoniens »), de doctrine militaire (ils n’appliquent plus la stratégie « Rumsfled-Cebrowski »), et de foi (ils ne croient plus à la pluralité des religions). Nous publions une étude sur cette mutation qui nous oblige à réviser complètement notre perception de ce pays.
Contrairement à ce que nos médias nous prient de croire, la République islamique d’Iran n’est pas plus un régime totalitaire que le nôtre. L’Iran est une bien plus ancienne civilisation que l’Occident. Ses habitants y ont des qualités dont nous sommes dépourvus. Non seulement nous ne devrions pas être fiers de les éradiquer, mais nous devrions entendre leur voix.