Pinasca
| Pinasca | |
| Noms | |
|---|---|
| Nom français | Pinache |
| Nom piémontais | Pinasca |
| Administration | |
| Pays | |
| Région | |
| Ville métropolitaine | |
| Code postal | 10060 |
| Code ISTAT | 001190 |
| Préfixe tél. | 0121 |
| Démographie | |
| Gentilé | pinaschesi |
| Population | 2 756 hab.[1] (2026) |
| Densité | 79 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 44° 57′ 00″ nord, 7° 14′ 00″ est |
| Altitude | Min. 560 m Max. 560 m |
| Superficie | 3 470 ha = 34,7 km2 [2] |
| Divers | |
| Saint patron | Santa Maria Assunta |
| Fête patronale | 15 août |
| Localisation | |
Localisation dans la ville métropolitaine de Turin. | |
| Liens | |
| Site web | Site officiel |
| modifier |
|
Pinasca (en français Pinache) est une commune de la ville métropolitaine de Turin dans le Piémont en Italie.
Géographie
[modifier | modifier le code]Pinasca est située dans le Val Cluson (Piémont), à environ 53 km à l'ouest de Turin. Le territoire communal s'étend sur 3 476 hectares, ce qui en fait la plus vaste commune de la moyenne valée. La commune est composée de 27 hameaux, dont le plus important est Dubbione. Le point culminant du territoire est la Punta dell'Aquila (it) (2 119 m)[3].
Histoire
[modifier | modifier le code]Préhistoire et premières traces
[modifier | modifier le code]Les vallées de la région ont commencé à être peuplées après la fonte des glaces. Des vestiges préhistoriques et des gravures rupestres ont été découverts, attestant une présence humaine ancienne. La région était habitée par des tribus d'origine ligure, les Vibelli et les Magelli, dont dériverait le suffixe « asca » de Pinasca.
Époque romaine
[modifier | modifier le code]Les Romains ont probablement pénétré dans ces vallées pour la première fois en 218 av. J.-C., lors de la traversée des Alpes par Hannibal avec son armée et ses 37 éléphants de guerre.
En 13 av. J.-C., Cozio Ier devint préfet romain, et en 63 ap. J.-C., le territoire fut intégré à la province romaine. Des pièces de monnaie à l'effigie de l'empereur Néron (54-68 ap. J.-C.) ont été retrouvées devant l'église[4].
Invasions barbares
[modifier | modifier le code]À partir du Ve siècle, la vallée a été occupée par les Goths, puis envahie par les Vandales, les Suèves, les Burgondes et les Alamans. En 573, les Lombards ont commencé à étendre leur territoire dans la vallée. Le nom de Pinasca apparaît pour la première fois dans un document de 720, signé par Abbon (fondateur de l'abbaye de Novalaise), mentionnant des terres possédées dans la vallée de « Dubiasca ».
Empire carolingien
[modifier | modifier le code]En 774, le roi franc Charlemagne, après avoir vaincu Desiderio (dernier roi lombard), conquiert l'Italie et divise le territoire en marches et comtés. Le Val Cluson faisait partie du comté de Turin. Entre les fins du IXe siècle et du Xe siècle, la vallée a subi des pillages répétés de la part des Sarrasins (« Maures ») installés sur la Côte d'Azur.
Les Arduins
[modifier | modifier le code]En 941, Arduin III obtint la transformation du comté de Turin en marche, devenant le premier marquis de Turin. En 1020, Pinasca est mentionnée comme siège d'une église pievane dépendant de l'évêché de Turin, prouvant l'existence d'une église importante avec le droit de baptiser. En 1037, l'évêque Landolfo de Turin céda Pinasca et une partie de la vallée au monastère de Santa Maria di Cavour. En 1064, Adélaïde de Suse (comtesse de Turin) céda une partie de ses territoires, dont Pinasca, aux bénédictins de l'abbaye de Santa Maria à San Verano (aujourd'hui Abbadia Alpina), près de Pinerolo.
La prédication vaudoise (XIIIe siècle siècle)
[modifier | modifier le code]À la suite de la croisade contre les Albigeois (1202), de nombreux partisans de Pierre Valdo (1140-1218), marchand lyonnais devenu prédicateur, s'installèrent dans les vallées du Cluson et de Pellice. Considérés comme hérétiques par l'Église de Rome (concile de Vérone, 1184), les Vaudois furent d'abord tolérés par les Savoie et les Albon, puis persécutés sous la pression de Rome.
Les Princes d'Achaïe
[modifier | modifier le code]En 1294, le Piémont-Savoie, dont faisaient partie les vallées de la région, devint un État autonome, bien que dépendant du comté de Savoie, avec Pinerolo comme capitale. Il était gouverné par la branche des Savoie-Acaja, issue du mariage de Philippe Ier (1301) avec Isabelle de Villehardouin, héritière de la principauté d'Achaïe (Grèce). Cette famille puissante régna sur les vallées jusqu'en 1418, date à laquelle la lignée s'éteignit. Le Piémont fut alors uni au duché de Savoie (devenu duché en 1416).
La croisade contre les Vaudois
[modifier | modifier le code]En 1487, le pape Innocent VIII demanda au roi de France Charles VIII et au duc de Savoie Charles Ier d'intervenir contre les « hérétiques ». Une armée partie de France, notamment d'Embrun, fut envoyée pour exterminer les Vaudois. Beaucoup furent tués ou forcés d'abjurer. En 1512, un document mentionne l'église Santa Maria de Dubbione, probablement située au Podio, et utilisée comme temple par les protestants, qui étaient alors plus nombreux que les catholiques. En 1532, lors du synode de Chaforan, les Vaudois adhérèrent à la Réforme protestante.
Première domination française (1536-1574)
[modifier | modifier le code]En 1536, les Français de François Ier occupèrent une partie du duché de Savoie. Turin devint le chef-lieu de la province française du Piémont, et Pinerolo ainsi que le Val Cluson passèrent sous contrôle français. Ces derniers commencèrent la construction d'une forteresse sur la colline de San Maurizio. Le traité de Cateau-Cambrésis (1557) restitua progressivement les territoires aux Savoie, mais ce n'est qu'en 1574 qu'ils retournèrent au duché, dont la capitale avait été transférée de Chambéry à Turin en 1563.
Frontières fortifiées
[modifier | modifier le code]En 1592, François de Bonne, duc de Lesdiguières (huguenot) et gouverneur du Dauphiné, descendit avec son armée occuper le château de Perosa et le territoire de Dubbione et San Germano, ainsi que la ville de Suse, assiégeant Pinerolo. En 1597, Charles-Emmanuel Ier, après la destruction du château de Perosa, fit construire le Fort de San Giovanni Evangelista.
Le traité de Lyon (1601) stipula que la vallée de Perosa restait au duc de Savoie, mais avec l'engagement de démolir le fort San Giovanni, récemment construit. Ce n'est qu'en 1628 qu'un nouveau fort, le Fort de la Perouse, fut construit au-dessus de l'agglomération de Perosa, avec plusieurs redoutes placées dans la zone de Castelnuovo.
Catholiques et Vaudois
[modifier | modifier le code]Entre 1560 et 1561, Emmanuel-Philibert confia au comte de La Trinité une répression sanglante des Vaudois. Cependant, la duchesse Marguerite de Valois, fille de François Ier et épouse d'Emmanuel-Philibert, peut-être secrètement protestante, obtint pour les Vaudois la liberté de culte dans la vallée, à condition de ne pas interférer avec la pratique de la religion catholique.
À Pinasca, il leur fut permis de pratiquer leur culte uniquement à Grandubbione, où se trouve encore aujourd'hui une grotte dans la roche appelée « Gleiza di Barbet » (église des Vaudois). En 1597, une chapelle dédiée à Saint Roch fut construite à Dubbione. Les capucins présents sur le territoire demandèrent au duc d'interdire aux Vaudois de célébrer leur culte dans cette chapelle. Les Vaudois, privés de lieu de culte, obtinrent l'autorisation de construire un nouveau temple à Pinasca, qui fut démoli en 1686. L'église Santa Maria Assunta fut probablement construite à sa place en 1750.
Édit de Nantes
[modifier | modifier le code]En 1598, Henri IV de Bourbon, roi de France, promulgua l’édit de Nantes, accordant la liberté de culte aux protestants huguenots. Cependant, en 1602, Charles-Emmanuel Ier publia un édit obligeant tous les protestants (environ 5/6 de la population totale) à quitter sous quinze jours les territoires de Perosa, Porte, Dubbione et Pinasca, s'ils ne voulaient pas abjurer leur foi vaudoise et se convertir au catholicisme, sous peine de confiscation de leurs biens.
Les persécutions et les exilés
[modifier | modifier le code]En 1602, Charles-Emmanuel Ier publia un édit obligeant tous les protestants de Pinasca à quitter la commune sous quinze jours s'ils ne voulaient pas abjurer leur foi vaudoise et se convertir au catholicisme, sous peine de confiscation de leurs biens. Entre 1685 et 1699, le nombre d'exilés de la seule commune de Pinasca s'éleva à 536 personnes sur 1 780 habitants.
Industrialisation et développement
[modifier | modifier le code]Dans la seconde moitié du XIXe siècle, une filature fut construite près du rio Grandubbione à Pinasca, qui resta en activité jusqu'en 1918. En 1882, le tramway Pinerolo-Perosa fut inauguré pour transporter les ouvriers aux usines, et resta en service jusqu'en 1968.
En 1906, l'usine Riv de Villar Perosa fut ouverte, ce qui transforma le mode de vie des habitants de Pinasca, entraînant un déplacement de la population des hameaux vers le fond de la vallée.
Les guerres mondiales
[modifier | modifier le code]La Première Guerre mondiale (1914-1918) coûta à Pinasca plus de 2 % de sa population totale. Après la guerre, pendant la période fasciste, la commune d'Inverso Pinasca fut annexée à celle de Pinasca. Pendant la Seconde Guerre mondiale (1940-1945), de nombreux citoyens de Pinasca furent enrôlés dans la Regia Marina. Après l'armistice du 8 septembre 1943, les soldats qui parvinrent à rentrer chez eux se regroupèrent dans des divisions partisanes autonomes. Le 10 mai 1944, à la suite d'une rafle dans les montagnes, 12 jeunes partisans de Pinasca furent arrêtés, puis fusillés sous le pont de Castelnuovo.
L'après-guerre
[modifier | modifier le code]Après la guerre, l'économie de Pinasca resta largement liée au sort de l'usine Riv-Skf. En 2006, avec les Jeux olympiques de Turin, le val Cluson accueillit certaines épreuves, attirant ainsi des touristes et des athlètes du monde entier.
Patrimoine
[modifier | modifier le code]- L’église paroissiale Santa Maria Assunta (consacrée en 1750), avec un autel tridentin attribué à Filippo Juvarra[5].
- L’église San Rocco à Dubbione, construite en 1597 et reconstruite entre 1847 et 1907.
- Le pont d’Annibal sur le rio Grandubbione, à Dubbione.
- La fontaine de l’Orsa, une source encore utilisée aujourd’hui pour remplir des bouteilles et des bidons.
- La chapelle Madonna delle Nevi à Soullier, construite dans les années 1960.
- La Gleiza di Barbet, une grotte dans la roche à Grandubbione, ancienne église des Vaudois.
Dubbione, Grandubbione, Castelnuovo, Borgo Soullier
Communes limitrophes
[modifier | modifier le code]Giaveno, Perosa Argentina, Cumiana, Pignerol, Frossasco, San Pietro Val Lemina, Inverso Pinasca, Villar Perosa
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Resident population by age, sex and marital status on 1st January 2026 », sur demo.istat.it, Istituto Nazionale di Statistica italiano, (consulté le ) (Remarque : Lier le fichier à l'ensemble de données techniques.)
- ↑ « Classificazioni statistiche – anno 2026 », sur www.istat.it, Istituto Nazionale di Statistica italiano, (consulté le ) (Remarque : Lier le fichier à l'ensemble de données techniques.)
- ↑ (it) Alessandro Maldera, « Comune di Pinasca: frazioni, territorio, natura e come arrivare », sur Mole24, (consulté le )
- ↑ (it) « Storia - Comune di Pinasca », sur Comune di Pinasca - Portale istituzionale, (consulté le )
- ↑ (it) « Luoghi e monumenti - Comune di Pinasca », sur Comune di Pinasca - Portale istituzionale, (consulté le )
